Brèves

Le 03 septembre 2012

Aly Keïta à La Réunion

Répondant à linvitation de lassociation Soley Réyoné, en partenariat avec le CRR,

le balafoniste virtuose Aly Keïta sera présent sur lîle du 03/09/12 au 16/09/12.


Après une 1ére semaine de résidence avec les élèves de la classe de percussion, de jazz et musique réunionnaise

il entamera un série de concerts et stages:


Les concerts:


- le 07/09/12 au Kerveguen en avant 1ére de Danyel Waro, après une résidence, Aly Keîta se produira avec les élèves du CRR

sous la directive de Nicolas Moucazambo.


- le 12/09/12 au 211TRIO VIRTUOZ (Aly Keïta, Nicolas Moucazambo, Jamy Pedro).

avt 1ére Dogo Fara (Afro-Maloya)


Les stages: 


le 09/09/12 à saint-pierre (parc tardiff) Initiation. public débutant ou non initier.durée: 5h, tarif : 45€ avec repas


le 12/09/12 à saint-leu (EMA ) Master class. public confirmé.durée:5h,tarif 50€ avec repas


* les stages sont limités à 15 personnes/stage.


Infos résa : 0692 041122

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Interviews

Le 05 juillet 2012

Grèn Sémé

interview en partenariat avec Bat’Carré
TOUJOURS EN RECHERCHE DE NOUVELLES SONORITÉS, GRÈN SÉMÉ FAIT VARIER SA MUSIQUE SUR LE THÈME DE LA RENCONTRE DES CULTURES ET DES GÉNÉRATIONS. LE MALOYA DEVIENT ENTRE LEURS MAINS UNE COULEUR DE PLUS DANS LA PALETTE DES DIVERSITÉS CULTURELLES ET MUSICALES FRANÇAISES. CARLO DE SACCO, À L’ORIGINE DU GROUPE, NOUS LIVRE SES IMPRESSIONS AU RETOUR DU PRINTEMPS DE BOURGES OÙ IL REPRÉSENTAIT LA RÉUNION.

Q : L’écriture et la poésie te fascinent, tu es un homme de mots.
Peux-tu nous définir l’univers artistique de Grèn Sémé ?


Carlo : Grèn Sémé est à l’image de La Réunion, c’est à-dire mélangé. Tout d’abord au niveau des influences propres à chaque membre du groupe. On peut retrouver des touches de rock, de reggae, de seggae, de jazz, de musique électronique et aussi de chanson française.
Ce mélange vient servir un Maloya métissé où la tradition et la modernité se mêlent, toujours au service des mots.
J’ai la double culture, française et créole. Dans notre maloya les deux cultures se fondent et se servent réciproquement. Nous faisons, peut-être malgré nous, un pont entre ces deux cultures.

Q : Après avoir semé cette petite graine à Montpellier en 2006, quel vent t’a poussé à revenir sur la terre réunionnaise ?

Carlo : Né à La Réunion, je faisais tout simplement mes études à Montpellier. Même si j’y ai passé de très belles années, j’ai toujours été pressé de rentrer. La Réunion, c’est la terre qui me ressource. Je trouve mon équilibre dans la nature qui, ici, nous entoure. J’espère voyager le plus possible avec la musique, faire des rencontres artistiques et humaines. Mais continuer de vivre à La Réunion. Et puis, il y a mes parents, ils ne sont plus très jeunes, je voulais être là.

Q : Dis-nous quelques mots sur ta rencontre et collaboration avec le musicien, compositeur et arrangeur, Dominique Fillon ?

Carlo : Ma rencontre avec Dominique s’est faite lors des répétitions du spectacle « DOM-TOM folies ». Il m’a complimenté sur le morceau « Papiyon » et m’a dit qu’il voulait le mettre à la fin du spectacle, pour « clôturer en beauté ». J’ai été très touché par ses mots. Moi je ne le connaissais pas réellement.
J’ai tapé son nom sur internet et j’ai compris qui il était, aussi bien au niveau personnel que musical. En plus d’avoir accompagné les plus grands artistes français, il a réalisé les albums de Sanseverino et obtenu un disque d’or.
Nous avons tellement accroché que nous nous sommes dit que nous allions travailler ensemble dans le futur. Nous sommes donc restés en contact par Skype où nous échangions nos idées. Un projet artistique a pris forme au cours de ces échanges et Dominique Fillon est arrivé à La Réunion en mars 2012 accompagné de ses musiciens Kévin Reveyrand, Francis Arnaud et Olivier Roman-Garcia.
Nous avons fait une résidence de création tous ensemble (Grèn Sémé + Dominique Fillon quartet) au théâtre Canter de Saint-Denis. Cela a débouché sur trois concerts, dont un au théâtre de Saint-Gilles lors du festival Total Jazz.
C’était une très belle collaboration tant au niveau humain que professionnel. Dominique a jazzifié notre maloya et nous avons mis du maloya dans son Jazz.

Q : Le premier album est prévu pour courant 2012 et devrait être enregistré dans le studio de Yann Costa. Sans dévoiler de grand secret, à quoi peut-on s’attendre sur cet opus ?

Carlo : Nous pouvons nous attendre à un Pavé dans la Mare ! C’est notre premier album ! Avec tous les questionnements que cela comporte.
Je travaille depuis toujours avec David Kolm. Lorsqu’on réfléchissait ensemble vers qui se tourner pour enregistrer l’album, Yann Costa était une évidence. J’aime Yann en tant qu’homme et en tant qu’artiste. J’aime sa sensibilité et son regard sur notre musique. Notre maloya est psychédélique et Yann aime ce genre d’ambiances et il a les capacités de les sublimer. Cela va être une belle co-réalisation entre son univers et celui de Grèn Sémé.

Interview à retrouver sur www.batcarre.com

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Interviews

Le 03 mai 2012

Davy Sicard, les défis de l’engagement

interview en partenariat avec Bat’Carré
À l’aube de ses 20 ans de scène, Davy Sicard nous livre son 4ème album « Mon Péi ». Entre hymne et engagement, il nous emporte à travers l’histoire de sa Réunion, de son île, au son de son fidèle « Maloya Kabosé ».

Bonjour Davy,

Q : Cet album affirme plus que jamais l’attachement que tu portes à ta terre, La Réunion. Quelle a été l’origine du projet ?


À chaque album, j’essaie de proposer un thème de réflexion qui me paraît important. Et je crois que c’est de manière évidente, logique et naturelle, que celui de « Mon péi » s’est imposé. Je dirais même qu’il a découlé de ceux abordés dans « Ker maron » et « Kabar ». Mais ce sont les observations que j’ai faites et surtout les rencontres, les lectures, les échanges, qui sont venus nourrir mon premier questionnement : comment La Réunion est-elle perçue par ses propres enfants ? 

Q :Beaucoup d’artistes  de divers horizons t’ont accompagné pour la réalisation de ce CD, comment s’est déroulée cette collaboration ?

Cela faisait un moment que je voulais inviter plusieurs « artistes » sur mes projets. Mais j’aime l’idée de donner du sens aux collaborations. Du coup, il m’a fallu attendre d’avoir la matière appropriée. Et effectivement, en particulier sur la chanson « Mon péi », plusieurs d’entre eux ont très généreusement répondu présents. Tous se sont rendus disponibles très spontanément : c’était un énorme cadeau qu’ils me faisaient tous !

Q : Après avoir pris la mesure de la teneur de la chanson, nous nous sommes joyeusement mis au travail et la partie de rigolade a pu commencer.

Ma rencontre avec Simon Lagarrigue restera une des plus belles que j’ai faites. Ce monsieur a tant de choses à dire, à partager ! En tous les cas, je peux dire avec joie que tous les invités, tous les participants ont été d’une extrême générosité ; et c’est là je crois, un des points forts de cet album : le fait qu’il y ait eu autant de partage aura permis de donner beaucoup plus de sens non seulement à la musique, mais aussi au questionnement sur la perception que l’on a de La Réunion. Car c’est là une des grandes difficultés de ce type d’entreprise : être ouvert et cohérent dans la musique et le propos qui l’accompagne, poser des questions pertinentes et enfin, et pas des moindres, donner un maximum de vie à l’enregistrement. Le public me dira si j’y suis parvenu ou pas, mais grâce entre autres au concours de mes dalons, je suis assez satisfait du résultat.

Q : Après avoir été produit par une maison de disque réputée, le retour à l’auto-production t’a-t-il  permis plus de liberté créative ?

Le fait que j’aie expérimenté l’auto-production au début de mon parcours en solo m’a effectivement permis de me lancer dans cette nouvelle aventure musicale avec un peu moins d’appréhension. Lorsque j’étais chez Up Music (Warner Music France), je jouissais d’une très grande liberté pour ce qui était de la créativité et même en général d’ailleurs : toute l’équipe était à mon écoute. Aujourd’hui, ce qui vient se rajouter à cela, c’est l’élargissement de mon champ d’intervention ainsi que le renforcement de mon pouvoir de décision. Du coup, il y a plus de responsabilités, de charges : l’auto-production est loin d’être une affaire de tout repos. Cela dit, il y a eu pour cet album une envie très particulière de (se) faire plaisir et d’aller au bout des idées.

Q : Ton album dégage un profond engagement identitaire,  un  militantisme plus affirmé, quel est ton but ?

En tant qu’artiste musicien, mon but premier est de faire une musique, des textes qui puissent être partagés. Je ne me vois pas comme un militant. Mais je reste également convaincu que la musique a toujours cette capacité à éveiller, révolutionner les consciences. Alors si cet album pouvait, même de manière minime, en plus d’être agréable à l’écoute, amener les gens à s’interroger sur certains sujets notamment identitaires, sur la notion de pays, ce serait merveilleux. Après, à chacun ses réponses. Comment un groupe lambda peut-il être uni, en harmonie, s’il ne définit pas et ne valorise pas ce qui rapproche tous les individus qui le composent ? J’ai le sentiment qu’après avoir tenté d’apporter des réponses à des questions identitaires tournées vers soi (Ker maron), vers l’individu, il était logique de vouloir ensuite inscrire les réponses obtenues dans un cadre plus large, plus collectif. Proposer une musique agréable qui conduit à une prise de conscience. Voilà ce que je tente, avec simplicité et plaisir, de faire.

Q: Comme tu le dis dans ta chanson « Banna », n’as-tu pas peur que cela « pas kom in koudéta » ou d’y perdre une certaine neutralité ?

En quoi mon envie de mettre en avant ma créolité serait-elle une menace ? Et d’ailleurs une menace pour qui, pour quoi ? Au travers de la musique, je ne cherche qu’à mettre en valeur et en équilibre toutes les composantes de notre identité : je chante aussi bien « La Réunion » que « La France ». Si certains voient en cela une menace, un danger, je serais tenté de dire que l’idée d’un déséquilibre ne s’en trouve malheureusement que renforcée. Quelle est la mécanique qui nous amène à penser que le type de propos que je tiens ne peut avoir qu’une connotation politique ? Pourquoi ne pourrait-il être seulement culturel ? Qu’est-ce qui rend ce sujet si sensible ? De quoi aurions-nous peur au fond ? Et pour répondre à votre question, non je n’ai pas cette crainte car le cadre dans lequel je place mes mots se veut musical et culturel. Notre histoire a fait que l’affirmation identitaire soit allée de pair à une certaine époque avec une volonté politique précise : il nous faut montrer que les choses ont évolué.

Q: Aujourd’hui, et avec ton expérience, peut-on dire que c’était devenu  un besoin ou même un devoir pour toi ?

Il n’est pas dit que les albums qu’il me sera donné de faire par la suite portent encore sur ces questions identitaires mais à ce jour, c’est,  non pas le besoin ou le devoir, mais l’évidence qui m’a poussé à traiter de ce sujet.

Q : Tu sembles très concerné par les valeurs de transmission, cet album a-t-il une volonté pédagogique ?

Je dirais que c’est une invitation à raconter et à écrire notre histoire ensemble, à être davantage acteur de notre époque, de notre société.

Il n’y a pas eu de volonté pédagogique ; ça aurait été bien prétentieux, voire déplacé, de ma part. Maintenant l’album pourrait-il en avoir une portée ? Peut-être, je l’ignore. C’est le public qui l’estimera. 

En revanche, comme dans les albums précédents, c’est la correspondance, l’échange qui m’intéressent ; un échange de points de vue qui permet à chacun de se nourrir, de s’enrichir respectueusement et raisonnablement de l’expérience de l’autre. 

Et je suis, il est vrai, désireux d’en débattre avec des scolaires.

Q : Tu chantes en créole et en français. Pourquoi ce choix ?

J’aime ces deux langues. Elles sont belles, très vivantes. Et je m’exprime au quotidien en créole et en français. Il n’y avait donc absolument aucune raison pour que j’écarte l’une ou l’autre. Lorsque je suis en phase de création, aucune barrière n’est posée. L’une ou l’autre doit apparaître comme une évidence pour moi. Et c’est celle qui rassemble le plus de « points » en terme de musicalité et de portée du message qui est choisie. Et lorsque les deux ont tout autant leur place l’une que l’autre, alors je prends les deux. Voilà ce qui motive les choix qui sont faits.

Et puis, quelle cohérence  y aurait-il eu dans mon propos si j’avais voulu n’en utiliser exclusivement qu’une seule ? 

Mon choix est tout simplement musical et culturel. Cela n’exclut pas pour autant que je chante un jour ponctuellement en anglais ou en espagnol ou autre… Mais là aussi, comme pour les collaborations, je veillerai à ce que le fait de chanter dans d’autres langues que les miennes ait du sens…Et s’il n’y en a pas particulièrement, je pourrais quand même le faire avec plaisir ! 

Mais chanter en créole ou en français reste malgré tout ma priorité.

Q : Tu réfléchis avec Francky Lauret et Luciano Mabrouck, à une graphie unifiée, qu’en est-il ?

Tout d’abord, il s’agit plus précisément d’un outil qui permet de mieux comprendre l’écriture de mes textes. Francky, Luciano et moi avons passé pas mal de temps à nous pencher sur certaines de ces questions que se posent nombre de scripteurs. Nous prenons appui sur les travaux qui ont déjà été réalisés et essayons modestement d’apporter des bouts de réponses et de nous inscrire dans une dynamique de réflexion. 

Nous voulons ainsi montrer que la jeune génération est soucieuse de ces sujets qui font débat maintenant depuis plus de 30 ans à La Réunion, et que l’envie de partager la problématique liée au choix de la graphie est concrète.

Nous diriger vers une graphie unifiée nous semble plus que nécessaire.

Aujourd’hui, cet outil est visible et téléchargeable sur mon site internet : www.davysicard.fr et très bientôt sur mon facebook officiel.

Q : Parle-nous de cette nouvelle génération d’écrivains dont tu fais partie ? Quelles sont tes sources d’inspiration parmi cette génération ?

Il y a dans cette nouvelle génération beaucoup d’auteurs très habiles dans l’utilisation des mots ; si l’on veut parler des fonnkezer par exemple, je trouve certains, comme Francky Lauret, vraiment très bons ! Je ne pourrai jamais rivaliser d’écriture avec eux. Néanmoins, ce que nous partageons je pense, c’est ce goût pour les mots, pour le beau verbe, que nos prédécesseurs nous ont laissé, et c’est là je crois, l’essentiel.

Ce qui manque, c’est peut-être d’avoir plus d’occasions de se retrouver, à l’occasion de kabar fonnker  - ça se fait, mais pas assez souvent - par exemple, pour « jouter ».

Après, il y a les chanteurs qui délivrent à leur façon un message fort comme Kiltir et Tikok Vellaye,  ceux qui font chanter les mots comme Fabrice Legros, Didyé Kérgrin, Gilbert Barcaville, ceux qui marient les langues comme Christine Salem et Lindigo, etc. Ce sont tous des artistes que j’apprécie. Et naturellement, je dirais que ce qui plaît nourrit l’inspiration. 

Pour autant, je continue de me nourrir avec du Alain Peters, du Danyel Waro, du Claude Nougaro, du Jacques Brel.

De manière plus globale, et c’est peut-être la volonté de tous, il serait bien, à terme, que notre littérature soit davantage écrite et lue en créole, sans aucun complexe, comme elle peut l’être  - c’est heureux – en français. Mais il y a pour cela encore pas mal de chemin à faire.

Notre littérature créole est bien là, forte, et continuera de grandir.

Q : Dans la partie DVD, on découvre le film de Yann Lucas « Santinèl Mon péi », quel sens donnes-tu au mot « Santinèl » ?

Une sentinelle est selon moi quelqu’un qui a le rôle d’un guetteur, d’un gardien et par là-même d’un protecteur. Et il lui est, me semble t-il, plus facile de remplir sa mission en se plaçant en hauteur. Elle peut ainsi anticiper, prévenir, informer ses semblables d’un fait nouveau ou d’une situation. 

C’est de cette manière que Yann Lucas et moi voyons les personnalités que nous avons interrogées. Elles ont toutes acquis une solide expérience et de véritables compétences – c’est justement ce qui leur donne cette hauteur –  dans leurs domaines respectifs : elles sont tout à fait crédibles, elles sont fiables.

« Le but est de parler de La Réunion, non pas pour se renfermer sur soi, mais bien pour mieux s’ouvrir au monde. »

Cette notion de confiance nous est apparue comme essentielle !

Par ailleurs, il y a aussi ces élèves de classes de 3ème qui nous ont livré leurs pensées et qui, d’une certaine façon, deviendront eux aussi des sentinelles.

Au final, nous tous réunionnais, amoureux de La Réunion, pour peu que nous en acceptions le rôle, sommes des sentinelles et ce que nous protégeons, ce à quoi nous veillons, c’est notre pays, notre vivre ensemble, notre créolité, notre harmonie.

Q : Dans ce documentaire, tu te places en interviewer tantôt de personnalités réunionnaises, et tantôt au milieu d’élèves. Comment résumerais-tu cette expérience ?

Déjà, l’idée de se lancer dans un film documentaire qui allait venir en prolongement d’une partie musicale était un peu « folle ». En tous cas, c’est ce que je me suis dit au moment où je l’ai eue. Je ne pense pas que cela ait été fait auparavant ici ; du coup, il y avait autant l’excitation que l’appréhension.

Il n’a pas été aisé pour moi de prendre cette position (de producteur de film et de « journaliste »), car ce n’est absolument pas ma vocation. Cela dit, avoir préparé ces questions avec Yann et observer les réactions en direct nous a fait prendre conscience que la place que nous occupions chacun alors était privilégiée.

Chacune des sentinelles a évidemment sa propre façon de percevoir La Réunion et la vie qui s’y passe. Mais entendre leurs réponses aller plutôt dans le même sens, amène à penser que quelles que soient les problématiques auxquelles les uns et les autres sommes confrontés, nous avons tous cette envie d’apporter modestement des solutions et de renforcer notre unité.

Et je salue la performance de Yann qui a réussi à faire tenir le tout dans un 26 minutes. C’était loin d’être gagné car beaucoup de choses très fortes et intéressantes ont été dites.

Nous voulions respecter ce format afin d’espérer une diffusion en télé.

Cette expérience aura vraiment été très enrichissante et encourageante et cela en grande partie parce que nos interlocuteurs se sont exprimés librement et généreusement.

Q : N’y a-t-il pas des absents sur ce film ? Quelles personnes aurais-tu aimé avoir encore ?

Il y a beaucoup d’absents ! Nous avons tant de sentinelles ! Mais il nous a fallu faire un choix. Et puis, c’est la première fois que j’expérimente la production d’un film et cela demande beaucoup de moyens, de ressources que je n’ai pas. 

S’il s’était agi d’interroger toutes les personnes qui pouvaient entrer dans le cadre, ça n’aurait pas donné un 26 minutes mais une saga ! Et bien qu’il semble aimer les défis, Yann ne m’aurait probablement pas suivi dans une aventure aussi déraisonnable compte tenu de mes moyens.

Il manque par exemple des sentinelles comme Guillaume Samson (ethnomusicologue), Alain Courbis (directeur du PRMA), Joël Manglou (artiste), Carpanin Marimoutou (professeur à l’université en littérature), Jeannic Arhimann (leader du groupe Kiltir), de simples passants dans la rue et bien d’autres encore. Il a fallu faire avec les moyens dont nous disposions et nous sommes déjà heureux d’avoir pu mener le projet à son terme.

Q : Enfin, qu’est-ce que tu souhaites que les gens retiennent de cet album ?

Chacun est libre de retenir ce qu’il veut.

Etant donné que c’est ma vocation première, je dirais que ce serait bien que les gens retiennent la musique et se l’approprient.  Mais il est vrai qu’il y a aussi une part de message.

J’ai voulu mettre en valeur notre créolité, notre culture et montrer que cela est l’affaire de chacun, de tous ensemble. Il ne saurait en être autrement.

Et donner au propos général de l’album un caractère universel était essentiel !

Car le but est de parler de La Réunion, non pas pour se renfermer sur soi, mais bien pour mieux s’ouvrir au monde.

En tous les cas, j’aurais fait avec les moyens qui étaient à ma portée, je serais allé au bout de mes idées : j’ai fait de mon mieux, et cela me dispose à la discussion.

Lorsque l’idée m’est venue, puisqu’il s’agissait de donner son point de vue sur notre société, de faire une version adaptée pour les déficients visuels, même moi, un court instant je me suis dit, là encore, « quelle folle idée ! ». Mais cette folie-là me plaisait. Puis, grâce à Marion Mansuy, je suis entré en contact avec le SAMSAH DV. Aujourd’hui et pour la première fois à La Réunion, tout un album existe en braille et en gros caractères...grâce à la folie de Marion Mansuy, des professionnels du SAMSAH DV et de ses usagers, et la mienne : nous sommes tous allés au bout de nos idées !

Dire de La Réunion que c’est un pays n’est pas se mettre en opposition avec La France : notre culture, notre histoire méritent considération et cette considération est, me semble t-il, une des clés pour la réussite de notre vivre ensemble.

A retenir ? La Réunion, in péi Inn , Ansanm !

Propos recueillis par Guillaume Peroux
Interview à retrouver sur www.batcarre.com

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Chroniques Albums

Le 22 décembre 2011

Sitarane Larivé

C’était il y a tout juste deux ans, JAKO MARON larguait sur notre île son premier opus solo, « Saint Extension ». L’album faisait l’effet d’une bombe dans le milieu musical réunionnais, le maloya se trouvant propulsé dans une électronique d’avant-garde : on y croisait alors Danyel Waro servi dans un DUB entêtant, la famille GADO croisant le fer avec JOHN GIORNO ainsi que de furieux maloyas aux allures bruitistes

A nouveau enclin pour un séisme musical, JAKO MARON revient en cette fin de l’année avec une PUBLICATION CONCEPT autour du personnage mythique SITARANE.
En s’inspirant du déjà fameux morceau MICHEL ADMETTE, JAKO MARON remet au goût du jour l’histoire de cet assassin de la fin du 19ème siècle avec une composition qui le place d’emblée sur un registre « dance floor ». Beat appuyé et caisse claire marquée, basse hirsute et débridée, JAKO MARON n’hésite pas à donner de sa propre voix pour interpréter le texte du roi du Séga. En prenant le ton de la dérision, il renchérit en humour sans perdre la puissance évocatrice de la chanson originale, bien au contraire. Le titre se déroule dans une narration espiègle où se dévoile le surnaturel.
Pour fêter cette (ré) exploration, JAKO MARON a invité une fourchette d’artistes-dalons parmi lesquels les producteurs et compositeurs PSYCHORIGID, AUTOMAT, COSTA et ARASH KHALATBARI, les plasticiens KID KREOL & BOOGIE à investir à leur manière le mythe de SITARANE.

Trois publications seront proposées à la Réunion dès le mois de décembre 2012 :

LE CD EXTRA AVEC PLAGE VIDEO

Le CD EXTRA SITARAN LARIVE présentera le titre SITARAN LARIVE original de JAKO MARON, sa version dite « EXTENDED », quatre remix signés PSYCHORIGID, COSTA, AUTOMAT, ARASH KHALATBARI.

Le CD contiendra également dans une plage Vidéo accessible à partir de n’importe quel PC, le VIDEO CLIP dont la réalisation a été confiée aux plasticiens KID KREOL & BOOGIE.

La publication est présentée dans un packaging de type « DIGISLEEVE », de façonnage entièrement cartonné mettant en valeur les visuels. On pourra découvrir caché dans une des fentes du packaging un PORTFOLIO de créations graphiques signé également KID KREOL & BOOGIE.

LE VINYLE 33t.

Dans un « cover mosaïque », le VINYLE, entièrement blanc à l’image du personnage développé dans le clip rassemblera les compositions de JAKO MARON ainsi que les remix de PSYCHORIGID, COSTA et AUTOMAT.

LE SITE WEB www.sitarane.info

Outre les différents médias présentés plus haut, le site donnera accès à d’autres versions du SITARANE LARIVE de JAKO MARON, des textes et des vidéos autour du personnage.

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Interviews

Le 15 novembre 2011

Labsync, de la tête au pieds

interview en partenariat avec Bat’Carré
Né de la réunion de cinq musiciens aux horizons variés, Labsync (pour « Laboratoire synchronisé ») a été fondé en décembre 2008 à Mayotte. 

Mixant instruments et électro, leur musique s’inscrit dans un courant résolument actuel. Et pourtant… L’enclavement aérien de Mayotte et son débit internet plafonnant à 56K font de leur démarche une expérience semi-autarcique. Eloignés des scènes musicales novatrices, ces musiciens n’ont pour influences que leurs discothèques et leurs souvenirs.

De cette situation retirée émerge une musique libre, reflet sonore des goûts éclectiques du groupe. Pink-Floyd, Eric Truffaz, Herbie Hancock, Nills Peter Molvaer, Danyel Waro, Aphex Twin... Rock, jazz, “lounge”, maloya, electro... Autant de pistes à explorer que de sons à synchroniser.

 Labsync s’ouvre à l’Océan Indien. Un CD 4 titres sorti en août 2010 souligne cette envie, et propose une vision en résumé de son univers

Q : C’est quoi Labsync ?

Jérôme : Le projet Labsync - pour "Laboratoire Synchronisé" - est né à Mayotte en 2008 de la rencontre de cinq potes/musiciens autour d’une idée simple : la technologie est accessible et créative. L’ordinateur n’a de limite que notre imagination. à partir de là, on peut tout faire. Alors on a creusé... On avait tous à la base des influences très variées. Jazz, rock alternatif, progressif, psychédélique, groove, punk, electro, rap, maloya, reggae... enfin un peu tout finalement. Notre musique, c’est le mélange de tout ça, plus la magie de l’informatique. On a appelé ça de l’électro-fusion

La machine n’est plus un simple outil passif. L’ordinateur "écoute", interagit, propose. Notre collaboration homme/machine est simple : on vise le 50/50. Je te donne un exemple : tu entends une grosse basse "wobble", qui ondule dans les graves, comme dans le dubstep. Tu te dis "ça sonne électro, c’est un sample". Nous, on fait en sorte que ce soit le bassiste qui joue cette "wobble bass", en interaction avec l’ordinateur. C’est bien plus qu’un "effet standard". La clef, c’est la synchronisation : avec le tempo, avec la structure du morceau et avec les autres musiciens et leurs effets respectifs. On pourrait imaginer une pieuvre omnisciente, à la fois chef d’orchestre, musicien et ingénieur du son, une pédale d’effet au bout de chaque tentacule. C’est ça Labsync. Des instruments, un ordi et des câbles dans tous les sens

Depuis 2008, côté humain, on a pas mal brassé. Des départs, des arrivées. Notre claviériste, Sébastien Gallas est allé voler vers d’autres horizons, et trois bassistes se sont succédé : Benjamin Acquier, avec qui nous avons initié le projet, Gregory Flavion que l’on peut entendre sur nos quatre titres, et aujourd’hui Kamel Rami. Sommes restés fidèles au poste Willy Ramboatinarisoa à la trompette, Thomas Begrand à la batterie et moi-même, Jérôme Menninger à la guitare et à l’électro. Côté console de mixage et co-production, nous travaillons depuis la première heure avec Denis Ligier, directeur de Deenice Prod

Q : Et votre musique, je la range où dans ma discothèque ?

Thomas : Aïe... pas facile... On nous colle souvent une étiquette "expérimental", à mi-chemin entre le très grand monde de l’électro (break-beat/lounge/indus/hip-hop/tech/...) et le non-moins grand monde du reste des musiques actuelles. Je pense personnellement que nous nous situons dans la lignée des scènes dub/rock et electro/jazz. High Tone, Ez3kiel, Eric Truffaz, Bugge Wasseltoft, Jojo Mayer & Nerve... C’est plus un constat de "l’air du temps" qu’une suite de références. Je crois qu’on a ça en commun de puiser dans l’électro de ces 30 dernières années pour élargir notre champ d’expression. On a tous "flashé" sur les beats robotiques de la New Wave, sur la Jungle épileptique, sur les montés de 32 mesures Techno/House,... On a tous bougé la tête sur du Hip Hop, plané sur du Lounge...

Notre premier CD 4 titres (août 2010) ne reflète que partiellement cette volonté de s’enrichir de ces nouveaux canons. Notre musique était encore bien "dans la tête", pas assez "dans les pieds", pas assez efficace. Puis un jour, Willy est arrivé en répétition avec cette compo... Un truc terrible qui nous a tous fait bouger. Et on a réalisé que ce n’était ni le tempo ni l’harmonie qui faisait le job, mais uniquement un son ! Un gros synthé massif, granuleux, groovy. Un pur produit de la tradition électro, qui te chope, te soulève et t’enlace irrémédiablement. Depuis, c’est là qu’on cherche. On a déplacé notre "laboratoire" dans cette région sonore qui parle directement au corps et on continue bien sûr à cultiver l’équilibre entre expression instrumentale et matière électro. Jérôme : oui, parce que c’est ça l’idée, faire de la musique pour la tête ET pour les pieds !

Q : Quatre dates à La Réunion en septembre dernier (Les Potirons, La Cerise, le Manapany Surf Festival et la 1ère partie de No Jazz au Kerveguen). Alors, heureux ?

Jérôme : Ravis ! Nous avions déjà été accueillis et salués à Saint-Benoît en mai et décembre 2010 à La Clameur des bambous. Nous y avions rencontré des organisateurs adorables et disponibles et un nouveau public ouvert et généreux.

Nous étions donc très motivés pour cette tournée et nous avons été comblés ! Nous remercions du fond du cœur le public Réunionnais d’être venu à notre rencontre. à Mayotte, où le public est particulièrement restreint, nous étions plutôt habitués à jouer devant des potes... La Réunion a été le lieu de rencontres et d’échanges dont nous avons beaucoup appris. Plus d’ouverture et d’exigences, un tissu culturel très actif, des collaborations efficaces... le lieu idéal pour s’ouvrir au monde ! Rien n’aurait été possible sans Guillaume Peroux, le travailleur de l’ombre, directeur de Akout (www.akout.com). Merci également à Pierre Macquart de nous avoir ouvert les portes du Manapany et du Kerveguen. Et merci à tous ceux qui nous ont encouragés, supportés, suivis, conseillés. Les ami(e)s, les artistes, les organisateurs, les inconnu(e)s.

Q : Et ensuite ?

Thomas : On se projette dans le live, la scène. Parallèlement à notre quête musicale, nous avons encore beaucoup à apprendre du public. Ensuite viendra le temps du renouveau, où nous incorporerons le Vdjing (mixage vidéo en temps réel, comme un DJ avec des sons). Cette idée de mélanger sons et images est là depuis le début, mais faute de temps et de technicité, nous sommes restés centrés sur la musique. D’ailleurs, pouvons-nous profiter de vos pages pour lancer un appel à contribution ? Si quelqu’un, quelque part, féru d’images animées et inspiré par notre musique, souhaite partager son talent, qu’il n’hésite pas à nous contacter via la page www.labsync.fr, nous serions très heureux de le rencontrer et pourquoi pas, faire naître une nouvelle collaboration !

Interview à retrouver sur www.batcarre.com

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Reportages

Le 09 novembre 2011

Meddy Gerville, la consécration

Trophée « Kayenn Jazz Festival »
De retour de tournée où il s’est produit à Paris, Cayenne, Los Angeles, San Francisco et New York nous sommes fiers de vous annoncer que Meddy Gerville est lauréat du trophée « Kayenn Jazz Festival ». Trophée accordé aux trois meilleurs artistes de l’édition 2011. Il est à noté que les autres lauréats de cette année sont « Ben L’oncle Soul » ainsi que le groupe mythique de jazz fusion des années 80 : « Spyro Gyra »

L’autre bonne nouvelle pour Meddy est que l’album « Fo kronm la vi » qu’il a officiellement présenté à New York le 13 octobre dernier, figure déjà parmi les disques les plus joués en radio aux Etats-Unis dans la catégorie « World Music » (Source Mediaguide 07 novembre 2011).

En effet au 07 novembre 2011, le disque est classé à la 34ème position du top 50  en terme de nombre de rotations hebdomadaires sur un total de 2500 radios américaines sélectionnées !

L’artiste fêtera également ses 15 ans de carrière en 2012 !

Et pour finir, l’annonce de la sortie du clip « Mon abri » featuring Tom Frager :
A voir ici

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Chroniques Albums

Le 26 octobre 2011

René Lacaille ek Marmaille

POKSINA
René avait depuis longtemps le désir de proposer sa version de standards de l´île de la Réunion, dont certains remontent au début du XX° siècle. Il a harmonisé ces chansons qu´il interprète  en concerts depuis des années et lil les propose avec un groupe familial, dans la grande tradition. Après tout, n´a-t-il pas appris à en jouer certains avec son propre père et d´autre musiciens lontan ?

Il les offre, comme une douceur, au public qui les connaît et aussi à celui qui peut découvrir ces merveilleuses chansons, comme un gage d´amour à une musique qui ne demande qu´à être goûtée. 

Quelques titres : « La rosée tombée » de Maxime Laope et Jules Arlanda, « Coq un poule » de M. Laope, « Quand li mett´ son moullure » et « la coupe canne » d´Arlanda, « Maloya ton tisane » de Narmine Ducap, « Commandeur » de Jean Albany et Pierre Vidot,  et des titres de René réarrangés pour l´occasion comme « Lusaka » et « K.ba », une version instrumentale de « Rest´la maloya » d´Alain Peters...
17 titres en tout !

Sortie le 27/102011

René Lacaille (accordéon, charango, percussions, chant lead et choeurs) est entouré d´Oriane Lacaille (petites percussions, caisse claire, kayanm, chant lead et choeurs), Marc Lacaille (percussions, basse, flûte, trompette, chant lead et choeurs) et Yanis Lacaille (roulèr, batas, autres percussions et choeurs)

Groupe : René Lacaille èk Marmaille
Producteur : Do Bwa
Label : Daquí (qui avait produit PATANPO en 1999)
Distributeur : Harmonia Mundi

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Reportages

Le 08 août 2011

Escales de Saint-Nazaire

samedi 6 août 2011
La Météo Bondyé lao faisait craindre le pire scénario pour les 20 ans du festival : pluie battante sur la route de Saint-Nazaire. Arrivée au port sous la grisaille... et déception pour les fans d´Archie Shepp et Chucho Valdès, leur concert est annulé : le taux d´humidité a empêché l´accord des instruments...
Avant d´entamer le marathon du son 974, passage obligatoire au stand du PRMA : belle exposition maloya, conférence musicale, boutique Takamba... Alain Courbis, Fanie Précourt et Nadège Nadès étaient présents, bien décidés à partager leur passion des musiques réunionnaises et toujours à l´écoute des questions des festivaliers.

1er acte: Le Roi Soleil



19 h 15, scéne du Port  : Danyèl Waro et ses musiciens font une dernière balance sous un ciel toujours menaçant. Mais au début du concert, miracle ! Comme Tintin dans l´album d´Hergé, Danyèl Waro vêtu de blanc et armé de son kayamb commande le soleil qui fera enfin une belle apparition durable tout le long du set ! Un set impeccable bien sûr. Au risque de répéter, c´est bien le plus grand chanteur vivant de maloya qui s´exprime devant une mer humaine, électrisée par les rythmes frénétiques ou envoûtée par les complaintes du réunionnais des Hauts. Danyèl Waro chante le maloya, son maloya, avec cette voix qui pourrait tout aussi bien chanter du blues... 21 heures déjà, dernier morceau, dernières mesures, plic-ploc, la pluie revient... Vite aux abris, direction bal la poussière !

2ème acte : Balatonton



21 h 30, scène du Kabar : dans un décor "Années 30", voyage dans le temps lontan avec Fanfaroné, le dernier groupe de René Lacaille, soit René Lacaille et ses trois enfants plus un trio de cuivres (featuring Alain Debiossat du groupe Sixun !). Hommage aux orches´ en cuiv´ de l´époque, la joyeuse troupe nous fait guincher aux rythmes réunionnais mais aussi antillais et latino-américains, puisque il faut de tout pour réussir une soirée dansante ! Musiques de Maxime Laope, Claude Vinh San, Danyèl Waro (Barmine !) Alain Peters (Caloubadia !) ou Michou s´enchaînent sans temps mort. La joie des musiciens atteint le public qui danse et redanse encore. C´est que le tonton sait y faire pour mettre l´ambiance, sans chichis, pour le seul plaisir de passer un bon moment ensemble. Ca paraît simple mais c´est plus difficile qu´il n´y paraît à une époque où tout est rapidement calibré...
22 h 45, les lampions s´éteignent déjà...

3ème acte : Ten years after



Le temps de rejoindre la scène Estuaire, passage furtif devant le live de Stromae qui justement nous demande si alors on danse... Désolé Stromae, on voudrait bien mais on a rendez-vous avec Christine Salem ! Un lien particulier unit la dame des Camélias au Festival des Escales : quasiment jour pour jour, il y a dix ans, Christine y donnait un concert qui a été immortalisé sur son premier CD "Waliwa". Beaucoup d´eau a passé sous les ponts de Saint-Nazaire et c´est une Christine Salem en pleine maîtrise de son art qui débarque sur scène. Ah, cette voix... chaude, profonde, gorgée de soul. Le public réagit au quart de tour, sous le charme de cette grande dame du maloya qui nous fait voyager sur les traces du maloya de la Réunion, via des escales aux Comores, à Madagascar, à Zanzibar et au Mozambique. Lors du rappel, coupure de son qui donne lieu à un instant magique : c´est la foule qui chante et termine le concert ! Les yeux sont brillants, la joie se lit sur tous les visages, grand concert ! 

C´est déjà fini... on déambule dans les allées grouillantes du festival (40 000 spectateurs en deux jours)... bref arrêt devant une autre scène où un groupe joue un tango électronique devant un public quasi impassible, et cette vague impression d´avoir été dans le vrai avec notre parcours 974... "Musique vivante pour gens vivants" pour reprendre l´expression favorite de René Lacaille...

Merci aux artistes et un grand bravo à l´équipe des Escales de Saint Nazaire : si vous cherchez le sens du mot "convivialité", vous le trouverez à coup sûr dans ce grand festival qui a su garder une dimension humaine, à mille lieues des grosses machines à fric. 

PS : l´absent aux Escales a tort, séance de rattrapage début 2012 : Christine Salem et Danyèl Waro sont déjà programmés dans la région nantaise !

Frankie Donald

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Reportages

Le 14 avril 2011

Danyèl Waro au Louvre...

Un spectacle, un véritable spectacle..
Pour les oreilles, les yeux et le cœur. 

Projeté sur un écran géant, des archives datant du début du siècle dernier, des films noirs et blanc mettant en scène un peuple avec ces rites et ces coutumes, une civilisation pour la toute première fois immortalisée sur des pellicules, pour qu´ensuite, à des milliers de kilomètre de là, des spectateurs à la peau blanche puissent découvrir le quotidien de ceux dont la peau était noire.. 

Exactement comme ils avaient du être présenté en l´époque, avec une différence de taille…Les commentaires de ceux qui les présentaient pour la première fois se sont tus pour laisser place à une musique jouée par des artistes dont l´humilité n´a d´égal que du talent qui les anime.. 

Des documentaires qui ont pris un tout autre visage hier, à l´image d´un homme voulant rétablir une vérité jamais aussi bien illustrée au son des instruments qui auront résonné dans le cœur de chacun, des percussions se calquant magnifiquement aux images, ponctuées par des poèmes contés par la voix douce et sereine de ce jeune africain, faisant revivre la tradition orale du voyage par les mots, nous berçant tout en éveillant en nous cette forme d´ attention qui ne nous est pas commune, racontant l´injustice et le désespoir d´un peuple auquel justice ne sera jamais rendu... 

Seul les poètes resterons les uniques détenteurs d´un art par le biais duquel l´on s´aperçoit du chemin à parcourir pour qu´une paix soit possible, et lui seul sait qu´elle doit avant tout conquérir les cœurs avant qu´elle ne touche terre … 

Danyèl Waro est ce poète, je l´ai de mes yeux vu, il respire cette paix et vous la rend avec ce timbre magnifique, les rythmes qu´il exécute vous donne la cadence exacte de son pouls ; il est celui de cette Afrique trop longtemps pillée mais qui n´abdiquera jamais face à la cupidité de l´homme blanc ; son corps est enraciné à un sol ou seuls poussent des êtres résistants à des rigueurs impensables, à des conditions qui interdisent l´abandon de la cause à défendre.… 

> Danyèl Waro - Auditorium du Louvre - le 8 / 04 / 2011 <

Michel Guinand (disquaire indépendant au "Mange Disque" à Clermont de l´Oise 60600)

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Brèves

Le 01 avril 2011

Du nouveau dans la formation

Une nouvelle en forme de faire-part…
Jeudi Formation voit le jour. Cet organisme de formation,  spécialisé dans le spectacle vivant est né à la Réunion d’un travail collectif associant des professionnels du secteur. Il propose de la formation professionnelle pour les intermittents du spectacle, les personnels des salles et des collectivités ainsi que toute personne désireuse de se perfectionner dans ce milieu.

Les formateurs sont tous des références dans leur domaine respectif et ils ont bénéficié d’une formation pédagogique.

Le premier groupe de modules, lancé à partir du mois d’avril, concerne la technique du spectacle avec des formations sur le son, la lumière et la régie générale.
Le programme est d’ores et déjà disponible sur simple demande par mail : jeudi.formation@orange.fr

Longue vie à jeudi formation !

Un projet pilotée par Lundi Production

JeudiFormation
Tel : 02 62 77 64 04
Fax : 02 62 44 40 87
@ : jeudi.formation@orange.fr

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