Chroniques Albums

Le 18 septembre 2013

Nouveau Waro

Le label Cobalt nous livre une nouvelle perle !

Enregistré pendant la tournée de mars 2012, une tournée mémorable qui l’avait vu sillonner l’hexagone de Brest à Valence et de Poitiers à Rouen avec une halte pour 2 concerts complets au Café de la Danse à Paris, cet album offre un sacré coup d’oeil sur la carrière de Danyel Waro.

Avec ses quatre titres emblématiques : Laviyon, Adekalom, Kadok, Batarsité en version de braise, deux reprises d’Aou Amwin, l’album qui a reçu le Grand Prix de l’académie Charles Cros en 2010, (Veli et Alin avec un nouvel accompagnement), un Trwamar qui chaloupe comme jamais, l’intro sur tambours malbars en marche sur le feu (Po Mwin Bondyé) et un inédit « Tinn Tout », profession de foi radicale et écologique du chantre du maloya.

Une rythmique en fusion, des polyphonies sublimes, une interprétation à donner le frisson en permanence , c’est le « Kabar » de Danyel Waro, la cérémonie, la transe, la danse, le partage chantés de sa façon inégalable.

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Brèves

Le 21 août 2013

Kaloo Bang Festival 2013

Parc des Expositions de Saint Denis, 27, 28 et 29 septembre

PROGRAMMATION 2013



Vendredi 27 septembre :

 

ZAHO - R'n'B / Pop
Kerry JAMES - Hip-Hop
Andrew TOSH - Reggae
SKIP & DIE - Electro
Davy SICARD - Maloya



Samedi 28 septembre : 

 

Victor O - Zouk
Danyèl WARO - Maloya
MOKOOMBA - Musique Afriquaine
Frédéric JORON - Séga
YAOURT SOUL EXPERIENCE - Soul / Funk



Dimanche 29 septembre : 

 

Saint-Denis sur le Barachois, à partir de 15H

Concert live de Joe Vany (séga) et de Ségaël (séga)

Sainte-Marie à Bois-Madame, à partir de 14H

Ateliers, gonflables, animations et concerts live de l'Hotel Europe Orchestra (séga) & de Zorro Chang (ragga)

Sainte-Suzanne au Bocage, à partir de 15HGonflables, animations, ateliers cirque et concerts live de Bèf Séga (séga) & de Kaf Malbar (ragga)



+ dinfos et prog complète sur : kaloobang.re

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Brèves

Le 15 avril 2013

Sakifo 2013

Voici la programmation quasi-complète de ce SAKIFO Musik Festival 2013 !

Vendredi 7 juin: Cody Chesnutt, Grèn Sémé, La Gale, Lo’Jo, Menwar, Salif Keita, Sega’El, St Lô, Winston McAnuff & Fixi, Ziskakan, Zoufris Maracas

Samedi 8 juin: Alex Sorres, Benjam, BRNS, Brother Moves On, Disiz, Féfé, Groundation, Hyphen Hyphen, Mix’N'Blend+Guests, Orkès Tapok+Guests, Robi, Selah Sue, Sophie Hunger

Dimanche 9 Juin: Cali, Canailles, Christine Salem, HeyMoonShaker, Jaojoby, Les Mob, Mélissa Laveaux, Mesparrow, Mounawar, Oxmo Puccino, True Live

Et tous les soirs, Ker Faya Sound System avec Tom Fire (un des 3 soirs), Waki Band et Dj La Poussière animeront le dancefloor.

Pour cette édition anniversaire, nous vous réservons encore quelques surprises. La suite le 4 Avril…
Stay tuned!

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Interviews

Le 28 février 2013

Salem en dix questions

Au rythme du Kayanm, son instrument de prédilection, Christine Salem ouvre les portes d’un maloya hypnotique, vibrant, qui prend aux tripes, un mélange raffiné de transe et de blues.

Q : QU’EST CE QUI AURA LE PLUS MARQUÉ TON ANNÉE 2012 ?

Professionnellement, on peut parler du concert Sacem que j’ai fait au IOMMA en mai dernier. Il est à la source de toute une nouvelle dynamique de travail. Mon manager, mon producteur et mon tourneur étaient présents et ils ont tenté ensemble de voir comment ils pouvaient optimiser ce qu’il se passait.
Côté perso, j’ai pris la décision d’arrêter mon travail au CAP, c’est vraiment une année de changement !



Q : 2013 COMMENCE SOUS DE BONS AUSPICES, AVEC LA SORTIE DE TON CINQUIÈME ALBUM "SALEM TRADITION". POURQUOI CET HOMMAGE AUX DIX ANS DE CARRIÈRE SOUS CE NOM ?

C’est 15 ans de carrière ! C’est une décision prise dans la foulée du IOMMA, nous voulions créer un lien entre l’ancienne formation et la nouvelle, pour ceux qui n’avaient pas encore capté.



Q : TU AS COMPOSÉ DEUX TITRES AVEC MORIARTY. IL EN RÉSULTE UNE SUPERBE ALCHIMIE. COMMENT S’EST PASSÉ CETTE COLLABORATION ?

Fliiiiiii (sifflet) 
C’est une rencontre qui date de quelques années ! Thomas un des musiciens était notre régisseur de tournée. J’ai rencontré Rosemary quand elle a fait le premier Sakifo et on s’est souvent vu par la suite ici, ailleurs, nous avions aussi une copine en commun et puis un jour on a eu envie de faire quelque chose ensemble et c’est parti.



Q : RACONTE NOUS D’OÙ EST NÉE CETTE RENCONTRE COMPLICE AVEC ROSEMARY STANDLEY.

Je viens de le dire, c’est l’histoire d’une rencontre et d’une amitié.



Q : LE PREMIER MORCEAU DE CE NOUVEL OPUS SE NOMME "TI BLÉ" EN RÉFÉRENCE À TON SURNOM. D’OÙ TE VIENT-IL ?

De mon papa. Il rêvait d’une petite cafrine (il était yab !) et quand il m’a vu j’étais au delà de son espérance et il m’a appelé Ti blé ! 



Q : LES PAROLES DE TES CHANSONS SONT UN MÉLANGE AUX ACCENTS CRÉOLES, ARABES, MALGACHES ET SWAHILIS. UNE INSPIRATION EN LIEN AVEC TA QUÊTE IDENTITAIRE ?

Oui, c’est en lien avec mes ancêtres. Ces dernières années, j’ai beaucoup cherché en allant dans les pays voisins (Comores, Madagascar et Zanzibar). Ca m’a permis de mieux comprendre qui je suis.



Q : LE MALOYA EST UNE MUSIQUE QUI AMÈNE À LA TRANSE. EST-CE UN SUPPORT NÉCESSAIRE POUR TON ÉCRITURE ET TES COMPOSITIONS ?

Certains morceaux me viennent sur scène, mais j’en écris aussi. J’accueille ce qui vient quand ça arrive et ça peut avoir plusieurs formes.



Q : TU TE NOURRIS DE LA SCÈNE, PEUX-TU NOUS EXPLIQUER CE QUE TU RESSENS DANS CES MOMENTS D’INTENSE CRÉATIVITÉ ?

Une énergie incroyable !



Q : QUELS SONT LES COMBATS, LES ENGAGEMENTS DE CHRISTINE SALEM ?

Il me semble important de positiver la transe et le coté mystique du maloya. Souvent quand on parle de service Kabaré, on voit la sorcellerie, le diable… moi j’ai envie de changer ce regard.
Si tout ça n’était pas positif, je ne serai pas en train de vous répondre.



Q : POUR 2013 QUELLES SONT TES BONNES RÉSOLUTIONS ?

Peace and love et apprendre l’anglais !



Propos recueillis par Guillaume Peroux 
Interview à retrouver sur www.batcarre.com

 

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Brèves

Le 26 octobre 2012

LAO - CILAOS MUSIC FESTIVAL

Après une première édition qui a tenu toutes ses promesses, l’association KOPLAS vous
donne rendez-vous du 30 novembre au 2 décembre prochain pour le 
CILAOS MUSIC FESTIVAL #2 !

Nous vous avons encore concocté cette une programmation qui saura, nous le parions
faire la part belle à la qualité, la diversité et l’échange entre les artistes, le public et les
professionnels. A l'image de notre parrain Danyèl Waro, les artistes invités cette année
sont, comme en 2011, très heureux de venir à Cilaos pour partager leur musique dans un
cadre d'exception.

CILAOS MUSIC FESTIVAL c’est aussi la volonté forte de s’ancrer durablement au
territoire avec une collaboration de plus en plus étroite avec la Ville, les associations et
les professionnels de Cilaos.
Sakifo Production cette année encore, nous accompagnera dans la démarche de
professionnalisation qui est la nôtre.

Nous remercions chaleureusement tous nous partenaires qui nous font confiance pour
cette 2e édition. Ainsi et tout particulièrement, nous remercions ceux qui nous ont
renouvelé leur soutien financier et humain pour que l’aventure continue.

L’équipe KOPLAS vous souhaite un week-end riche en émotions et en découvertes lao au
Cilaos Music Festival !

Jean-Max FIGUIN | Président
www.cilaosmusicfestival.re

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Brèves

Le 26 octobre 2012

Meddy Gerville feat Alibo

De retour d'une tournée mondiale où il s'est produit à Shanghai, Pékin,
Paris (Le Zénith et Le Baiser Salé), Los Angeles, Boston et Brooklyn,
Meddy Gerville a des images plein la tête !!!

Quoi de mieux que de les partager avec son public à la Réunion lors d'un
concert qui bouclera la fin de cette tournée le samedi 03 novembre 2012 à
20H au "Téat Champ Fleuri" ?

Le bassiste des Sixun Michel Alibo sera de la partie, il fera le
déplacement pour ce concert unique avant d'aller rejoindre ses potes au
Festival de Jazz à la Martinique prévu pour fin novembre.

Sur scène Meddy retrouvera aussi ses dalons avec qui il travaille depuis
2005: Jérôme Calciné aux percussions, Jim Célestin au saxophone, mais
aussi Emmanuel Félicité à la batterie ainsi que Alain Técher aux
claviers...

Et.... d'autres surprises sont aussi à prévoir...

La promesse sera tenue ! ça va groover, ça va jazzer !!! Ils sont en
pleine forme !

Rendez vous le 03 novembre au Téat Champ Fleuri !

Infos pratiques:

Date: Samedi 03 novembre
Lieu: Téat Champ Fleuri / St Denis
Heure: 20H00
Réservation: 02 62 41 93 25
Web: www.theatreunion.re

 

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Brèves

Le 03 septembre 2012

Aly Keïta à La Réunion

Répondant à linvitation de lassociation Soley Réyoné, en partenariat avec le CRR,

le balafoniste virtuose Aly Keïta sera présent sur lîle du 03/09/12 au 16/09/12.


Après une 1ére semaine de résidence avec les élèves de la classe de percussion, de jazz et musique réunionnaise

il entamera un série de concerts et stages:


Les concerts:


- le 07/09/12 au Kerveguen en avant 1ére de Danyel Waro, après une résidence, Aly Keîta se produira avec les élèves du CRR

sous la directive de Nicolas Moucazambo.


- le 12/09/12 au 211TRIO VIRTUOZ (Aly Keïta, Nicolas Moucazambo, Jamy Pedro).

avt 1ére Dogo Fara (Afro-Maloya)


Les stages: 


le 09/09/12 à saint-pierre (parc tardiff) Initiation. public débutant ou non initier.durée: 5h, tarif : 45€ avec repas


le 12/09/12 à saint-leu (EMA ) Master class. public confirmé.durée:5h,tarif 50€ avec repas


* les stages sont limités à 15 personnes/stage.


Infos résa : 0692 041122

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Interviews

Le 05 juillet 2012

Grèn Sémé

interview en partenariat avec Bat’Carré
TOUJOURS EN RECHERCHE DE NOUVELLES SONORITÉS, GRÈN SÉMÉ FAIT VARIER SA MUSIQUE SUR LE THÈME DE LA RENCONTRE DES CULTURES ET DES GÉNÉRATIONS. LE MALOYA DEVIENT ENTRE LEURS MAINS UNE COULEUR DE PLUS DANS LA PALETTE DES DIVERSITÉS CULTURELLES ET MUSICALES FRANÇAISES. CARLO DE SACCO, À L’ORIGINE DU GROUPE, NOUS LIVRE SES IMPRESSIONS AU RETOUR DU PRINTEMPS DE BOURGES OÙ IL REPRÉSENTAIT LA RÉUNION.

Q : L’écriture et la poésie te fascinent, tu es un homme de mots.
Peux-tu nous définir l’univers artistique de Grèn Sémé ?


Carlo : Grèn Sémé est à l’image de La Réunion, c’est à-dire mélangé. Tout d’abord au niveau des influences propres à chaque membre du groupe. On peut retrouver des touches de rock, de reggae, de seggae, de jazz, de musique électronique et aussi de chanson française.
Ce mélange vient servir un Maloya métissé où la tradition et la modernité se mêlent, toujours au service des mots.
J’ai la double culture, française et créole. Dans notre maloya les deux cultures se fondent et se servent réciproquement. Nous faisons, peut-être malgré nous, un pont entre ces deux cultures.

Q : Après avoir semé cette petite graine à Montpellier en 2006, quel vent t’a poussé à revenir sur la terre réunionnaise ?

Carlo : Né à La Réunion, je faisais tout simplement mes études à Montpellier. Même si j’y ai passé de très belles années, j’ai toujours été pressé de rentrer. La Réunion, c’est la terre qui me ressource. Je trouve mon équilibre dans la nature qui, ici, nous entoure. J’espère voyager le plus possible avec la musique, faire des rencontres artistiques et humaines. Mais continuer de vivre à La Réunion. Et puis, il y a mes parents, ils ne sont plus très jeunes, je voulais être là.

Q : Dis-nous quelques mots sur ta rencontre et collaboration avec le musicien, compositeur et arrangeur, Dominique Fillon ?

Carlo : Ma rencontre avec Dominique s’est faite lors des répétitions du spectacle « DOM-TOM folies ». Il m’a complimenté sur le morceau « Papiyon » et m’a dit qu’il voulait le mettre à la fin du spectacle, pour « clôturer en beauté ». J’ai été très touché par ses mots. Moi je ne le connaissais pas réellement.
J’ai tapé son nom sur internet et j’ai compris qui il était, aussi bien au niveau personnel que musical. En plus d’avoir accompagné les plus grands artistes français, il a réalisé les albums de Sanseverino et obtenu un disque d’or.
Nous avons tellement accroché que nous nous sommes dit que nous allions travailler ensemble dans le futur. Nous sommes donc restés en contact par Skype où nous échangions nos idées. Un projet artistique a pris forme au cours de ces échanges et Dominique Fillon est arrivé à La Réunion en mars 2012 accompagné de ses musiciens Kévin Reveyrand, Francis Arnaud et Olivier Roman-Garcia.
Nous avons fait une résidence de création tous ensemble (Grèn Sémé + Dominique Fillon quartet) au théâtre Canter de Saint-Denis. Cela a débouché sur trois concerts, dont un au théâtre de Saint-Gilles lors du festival Total Jazz.
C’était une très belle collaboration tant au niveau humain que professionnel. Dominique a jazzifié notre maloya et nous avons mis du maloya dans son Jazz.

Q : Le premier album est prévu pour courant 2012 et devrait être enregistré dans le studio de Yann Costa. Sans dévoiler de grand secret, à quoi peut-on s’attendre sur cet opus ?

Carlo : Nous pouvons nous attendre à un Pavé dans la Mare ! C’est notre premier album ! Avec tous les questionnements que cela comporte.
Je travaille depuis toujours avec David Kolm. Lorsqu’on réfléchissait ensemble vers qui se tourner pour enregistrer l’album, Yann Costa était une évidence. J’aime Yann en tant qu’homme et en tant qu’artiste. J’aime sa sensibilité et son regard sur notre musique. Notre maloya est psychédélique et Yann aime ce genre d’ambiances et il a les capacités de les sublimer. Cela va être une belle co-réalisation entre son univers et celui de Grèn Sémé.

Interview à retrouver sur www.batcarre.com

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Interviews

Le 03 mai 2012

Davy Sicard, les défis de l’engagement

interview en partenariat avec Bat’Carré
À l’aube de ses 20 ans de scène, Davy Sicard nous livre son 4ème album « Mon Péi ». Entre hymne et engagement, il nous emporte à travers l’histoire de sa Réunion, de son île, au son de son fidèle « Maloya Kabosé ».

Bonjour Davy,

Q : Cet album affirme plus que jamais l’attachement que tu portes à ta terre, La Réunion. Quelle a été l’origine du projet ?


À chaque album, j’essaie de proposer un thème de réflexion qui me paraît important. Et je crois que c’est de manière évidente, logique et naturelle, que celui de « Mon péi » s’est imposé. Je dirais même qu’il a découlé de ceux abordés dans « Ker maron » et « Kabar ». Mais ce sont les observations que j’ai faites et surtout les rencontres, les lectures, les échanges, qui sont venus nourrir mon premier questionnement : comment La Réunion est-elle perçue par ses propres enfants ? 

Q :Beaucoup d’artistes  de divers horizons t’ont accompagné pour la réalisation de ce CD, comment s’est déroulée cette collaboration ?

Cela faisait un moment que je voulais inviter plusieurs « artistes » sur mes projets. Mais j’aime l’idée de donner du sens aux collaborations. Du coup, il m’a fallu attendre d’avoir la matière appropriée. Et effectivement, en particulier sur la chanson « Mon péi », plusieurs d’entre eux ont très généreusement répondu présents. Tous se sont rendus disponibles très spontanément : c’était un énorme cadeau qu’ils me faisaient tous !

Q : Après avoir pris la mesure de la teneur de la chanson, nous nous sommes joyeusement mis au travail et la partie de rigolade a pu commencer.

Ma rencontre avec Simon Lagarrigue restera une des plus belles que j’ai faites. Ce monsieur a tant de choses à dire, à partager ! En tous les cas, je peux dire avec joie que tous les invités, tous les participants ont été d’une extrême générosité ; et c’est là je crois, un des points forts de cet album : le fait qu’il y ait eu autant de partage aura permis de donner beaucoup plus de sens non seulement à la musique, mais aussi au questionnement sur la perception que l’on a de La Réunion. Car c’est là une des grandes difficultés de ce type d’entreprise : être ouvert et cohérent dans la musique et le propos qui l’accompagne, poser des questions pertinentes et enfin, et pas des moindres, donner un maximum de vie à l’enregistrement. Le public me dira si j’y suis parvenu ou pas, mais grâce entre autres au concours de mes dalons, je suis assez satisfait du résultat.

Q : Après avoir été produit par une maison de disque réputée, le retour à l’auto-production t’a-t-il  permis plus de liberté créative ?

Le fait que j’aie expérimenté l’auto-production au début de mon parcours en solo m’a effectivement permis de me lancer dans cette nouvelle aventure musicale avec un peu moins d’appréhension. Lorsque j’étais chez Up Music (Warner Music France), je jouissais d’une très grande liberté pour ce qui était de la créativité et même en général d’ailleurs : toute l’équipe était à mon écoute. Aujourd’hui, ce qui vient se rajouter à cela, c’est l’élargissement de mon champ d’intervention ainsi que le renforcement de mon pouvoir de décision. Du coup, il y a plus de responsabilités, de charges : l’auto-production est loin d’être une affaire de tout repos. Cela dit, il y a eu pour cet album une envie très particulière de (se) faire plaisir et d’aller au bout des idées.

Q : Ton album dégage un profond engagement identitaire,  un  militantisme plus affirmé, quel est ton but ?

En tant qu’artiste musicien, mon but premier est de faire une musique, des textes qui puissent être partagés. Je ne me vois pas comme un militant. Mais je reste également convaincu que la musique a toujours cette capacité à éveiller, révolutionner les consciences. Alors si cet album pouvait, même de manière minime, en plus d’être agréable à l’écoute, amener les gens à s’interroger sur certains sujets notamment identitaires, sur la notion de pays, ce serait merveilleux. Après, à chacun ses réponses. Comment un groupe lambda peut-il être uni, en harmonie, s’il ne définit pas et ne valorise pas ce qui rapproche tous les individus qui le composent ? J’ai le sentiment qu’après avoir tenté d’apporter des réponses à des questions identitaires tournées vers soi (Ker maron), vers l’individu, il était logique de vouloir ensuite inscrire les réponses obtenues dans un cadre plus large, plus collectif. Proposer une musique agréable qui conduit à une prise de conscience. Voilà ce que je tente, avec simplicité et plaisir, de faire.

Q: Comme tu le dis dans ta chanson « Banna », n’as-tu pas peur que cela « pas kom in koudéta » ou d’y perdre une certaine neutralité ?

En quoi mon envie de mettre en avant ma créolité serait-elle une menace ? Et d’ailleurs une menace pour qui, pour quoi ? Au travers de la musique, je ne cherche qu’à mettre en valeur et en équilibre toutes les composantes de notre identité : je chante aussi bien « La Réunion » que « La France ». Si certains voient en cela une menace, un danger, je serais tenté de dire que l’idée d’un déséquilibre ne s’en trouve malheureusement que renforcée. Quelle est la mécanique qui nous amène à penser que le type de propos que je tiens ne peut avoir qu’une connotation politique ? Pourquoi ne pourrait-il être seulement culturel ? Qu’est-ce qui rend ce sujet si sensible ? De quoi aurions-nous peur au fond ? Et pour répondre à votre question, non je n’ai pas cette crainte car le cadre dans lequel je place mes mots se veut musical et culturel. Notre histoire a fait que l’affirmation identitaire soit allée de pair à une certaine époque avec une volonté politique précise : il nous faut montrer que les choses ont évolué.

Q: Aujourd’hui, et avec ton expérience, peut-on dire que c’était devenu  un besoin ou même un devoir pour toi ?

Il n’est pas dit que les albums qu’il me sera donné de faire par la suite portent encore sur ces questions identitaires mais à ce jour, c’est,  non pas le besoin ou le devoir, mais l’évidence qui m’a poussé à traiter de ce sujet.

Q : Tu sembles très concerné par les valeurs de transmission, cet album a-t-il une volonté pédagogique ?

Je dirais que c’est une invitation à raconter et à écrire notre histoire ensemble, à être davantage acteur de notre époque, de notre société.

Il n’y a pas eu de volonté pédagogique ; ça aurait été bien prétentieux, voire déplacé, de ma part. Maintenant l’album pourrait-il en avoir une portée ? Peut-être, je l’ignore. C’est le public qui l’estimera. 

En revanche, comme dans les albums précédents, c’est la correspondance, l’échange qui m’intéressent ; un échange de points de vue qui permet à chacun de se nourrir, de s’enrichir respectueusement et raisonnablement de l’expérience de l’autre. 

Et je suis, il est vrai, désireux d’en débattre avec des scolaires.

Q : Tu chantes en créole et en français. Pourquoi ce choix ?

J’aime ces deux langues. Elles sont belles, très vivantes. Et je m’exprime au quotidien en créole et en français. Il n’y avait donc absolument aucune raison pour que j’écarte l’une ou l’autre. Lorsque je suis en phase de création, aucune barrière n’est posée. L’une ou l’autre doit apparaître comme une évidence pour moi. Et c’est celle qui rassemble le plus de « points » en terme de musicalité et de portée du message qui est choisie. Et lorsque les deux ont tout autant leur place l’une que l’autre, alors je prends les deux. Voilà ce qui motive les choix qui sont faits.

Et puis, quelle cohérence  y aurait-il eu dans mon propos si j’avais voulu n’en utiliser exclusivement qu’une seule ? 

Mon choix est tout simplement musical et culturel. Cela n’exclut pas pour autant que je chante un jour ponctuellement en anglais ou en espagnol ou autre… Mais là aussi, comme pour les collaborations, je veillerai à ce que le fait de chanter dans d’autres langues que les miennes ait du sens…Et s’il n’y en a pas particulièrement, je pourrais quand même le faire avec plaisir ! 

Mais chanter en créole ou en français reste malgré tout ma priorité.

Q : Tu réfléchis avec Francky Lauret et Luciano Mabrouck, à une graphie unifiée, qu’en est-il ?

Tout d’abord, il s’agit plus précisément d’un outil qui permet de mieux comprendre l’écriture de mes textes. Francky, Luciano et moi avons passé pas mal de temps à nous pencher sur certaines de ces questions que se posent nombre de scripteurs. Nous prenons appui sur les travaux qui ont déjà été réalisés et essayons modestement d’apporter des bouts de réponses et de nous inscrire dans une dynamique de réflexion. 

Nous voulons ainsi montrer que la jeune génération est soucieuse de ces sujets qui font débat maintenant depuis plus de 30 ans à La Réunion, et que l’envie de partager la problématique liée au choix de la graphie est concrète.

Nous diriger vers une graphie unifiée nous semble plus que nécessaire.

Aujourd’hui, cet outil est visible et téléchargeable sur mon site internet : www.davysicard.fr et très bientôt sur mon facebook officiel.

Q : Parle-nous de cette nouvelle génération d’écrivains dont tu fais partie ? Quelles sont tes sources d’inspiration parmi cette génération ?

Il y a dans cette nouvelle génération beaucoup d’auteurs très habiles dans l’utilisation des mots ; si l’on veut parler des fonnkezer par exemple, je trouve certains, comme Francky Lauret, vraiment très bons ! Je ne pourrai jamais rivaliser d’écriture avec eux. Néanmoins, ce que nous partageons je pense, c’est ce goût pour les mots, pour le beau verbe, que nos prédécesseurs nous ont laissé, et c’est là je crois, l’essentiel.

Ce qui manque, c’est peut-être d’avoir plus d’occasions de se retrouver, à l’occasion de kabar fonnker  - ça se fait, mais pas assez souvent - par exemple, pour « jouter ».

Après, il y a les chanteurs qui délivrent à leur façon un message fort comme Kiltir et Tikok Vellaye,  ceux qui font chanter les mots comme Fabrice Legros, Didyé Kérgrin, Gilbert Barcaville, ceux qui marient les langues comme Christine Salem et Lindigo, etc. Ce sont tous des artistes que j’apprécie. Et naturellement, je dirais que ce qui plaît nourrit l’inspiration. 

Pour autant, je continue de me nourrir avec du Alain Peters, du Danyel Waro, du Claude Nougaro, du Jacques Brel.

De manière plus globale, et c’est peut-être la volonté de tous, il serait bien, à terme, que notre littérature soit davantage écrite et lue en créole, sans aucun complexe, comme elle peut l’être  - c’est heureux – en français. Mais il y a pour cela encore pas mal de chemin à faire.

Notre littérature créole est bien là, forte, et continuera de grandir.

Q : Dans la partie DVD, on découvre le film de Yann Lucas « Santinèl Mon péi », quel sens donnes-tu au mot « Santinèl » ?

Une sentinelle est selon moi quelqu’un qui a le rôle d’un guetteur, d’un gardien et par là-même d’un protecteur. Et il lui est, me semble t-il, plus facile de remplir sa mission en se plaçant en hauteur. Elle peut ainsi anticiper, prévenir, informer ses semblables d’un fait nouveau ou d’une situation. 

C’est de cette manière que Yann Lucas et moi voyons les personnalités que nous avons interrogées. Elles ont toutes acquis une solide expérience et de véritables compétences – c’est justement ce qui leur donne cette hauteur –  dans leurs domaines respectifs : elles sont tout à fait crédibles, elles sont fiables.

« Le but est de parler de La Réunion, non pas pour se renfermer sur soi, mais bien pour mieux s’ouvrir au monde. »

Cette notion de confiance nous est apparue comme essentielle !

Par ailleurs, il y a aussi ces élèves de classes de 3ème qui nous ont livré leurs pensées et qui, d’une certaine façon, deviendront eux aussi des sentinelles.

Au final, nous tous réunionnais, amoureux de La Réunion, pour peu que nous en acceptions le rôle, sommes des sentinelles et ce que nous protégeons, ce à quoi nous veillons, c’est notre pays, notre vivre ensemble, notre créolité, notre harmonie.

Q : Dans ce documentaire, tu te places en interviewer tantôt de personnalités réunionnaises, et tantôt au milieu d’élèves. Comment résumerais-tu cette expérience ?

Déjà, l’idée de se lancer dans un film documentaire qui allait venir en prolongement d’une partie musicale était un peu « folle ». En tous cas, c’est ce que je me suis dit au moment où je l’ai eue. Je ne pense pas que cela ait été fait auparavant ici ; du coup, il y avait autant l’excitation que l’appréhension.

Il n’a pas été aisé pour moi de prendre cette position (de producteur de film et de « journaliste »), car ce n’est absolument pas ma vocation. Cela dit, avoir préparé ces questions avec Yann et observer les réactions en direct nous a fait prendre conscience que la place que nous occupions chacun alors était privilégiée.

Chacune des sentinelles a évidemment sa propre façon de percevoir La Réunion et la vie qui s’y passe. Mais entendre leurs réponses aller plutôt dans le même sens, amène à penser que quelles que soient les problématiques auxquelles les uns et les autres sommes confrontés, nous avons tous cette envie d’apporter modestement des solutions et de renforcer notre unité.

Et je salue la performance de Yann qui a réussi à faire tenir le tout dans un 26 minutes. C’était loin d’être gagné car beaucoup de choses très fortes et intéressantes ont été dites.

Nous voulions respecter ce format afin d’espérer une diffusion en télé.

Cette expérience aura vraiment été très enrichissante et encourageante et cela en grande partie parce que nos interlocuteurs se sont exprimés librement et généreusement.

Q : N’y a-t-il pas des absents sur ce film ? Quelles personnes aurais-tu aimé avoir encore ?

Il y a beaucoup d’absents ! Nous avons tant de sentinelles ! Mais il nous a fallu faire un choix. Et puis, c’est la première fois que j’expérimente la production d’un film et cela demande beaucoup de moyens, de ressources que je n’ai pas. 

S’il s’était agi d’interroger toutes les personnes qui pouvaient entrer dans le cadre, ça n’aurait pas donné un 26 minutes mais une saga ! Et bien qu’il semble aimer les défis, Yann ne m’aurait probablement pas suivi dans une aventure aussi déraisonnable compte tenu de mes moyens.

Il manque par exemple des sentinelles comme Guillaume Samson (ethnomusicologue), Alain Courbis (directeur du PRMA), Joël Manglou (artiste), Carpanin Marimoutou (professeur à l’université en littérature), Jeannic Arhimann (leader du groupe Kiltir), de simples passants dans la rue et bien d’autres encore. Il a fallu faire avec les moyens dont nous disposions et nous sommes déjà heureux d’avoir pu mener le projet à son terme.

Q : Enfin, qu’est-ce que tu souhaites que les gens retiennent de cet album ?

Chacun est libre de retenir ce qu’il veut.

Etant donné que c’est ma vocation première, je dirais que ce serait bien que les gens retiennent la musique et se l’approprient.  Mais il est vrai qu’il y a aussi une part de message.

J’ai voulu mettre en valeur notre créolité, notre culture et montrer que cela est l’affaire de chacun, de tous ensemble. Il ne saurait en être autrement.

Et donner au propos général de l’album un caractère universel était essentiel !

Car le but est de parler de La Réunion, non pas pour se renfermer sur soi, mais bien pour mieux s’ouvrir au monde.

En tous les cas, j’aurais fait avec les moyens qui étaient à ma portée, je serais allé au bout de mes idées : j’ai fait de mon mieux, et cela me dispose à la discussion.

Lorsque l’idée m’est venue, puisqu’il s’agissait de donner son point de vue sur notre société, de faire une version adaptée pour les déficients visuels, même moi, un court instant je me suis dit, là encore, « quelle folle idée ! ». Mais cette folie-là me plaisait. Puis, grâce à Marion Mansuy, je suis entré en contact avec le SAMSAH DV. Aujourd’hui et pour la première fois à La Réunion, tout un album existe en braille et en gros caractères...grâce à la folie de Marion Mansuy, des professionnels du SAMSAH DV et de ses usagers, et la mienne : nous sommes tous allés au bout de nos idées !

Dire de La Réunion que c’est un pays n’est pas se mettre en opposition avec La France : notre culture, notre histoire méritent considération et cette considération est, me semble t-il, une des clés pour la réussite de notre vivre ensemble.

A retenir ? La Réunion, in péi Inn , Ansanm !

Propos recueillis par Guillaume Peroux
Interview à retrouver sur www.batcarre.com

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Chroniques Albums

Le 22 décembre 2011

Sitarane Larivé

C’était il y a tout juste deux ans, JAKO MARON larguait sur notre île son premier opus solo, « Saint Extension ». L’album faisait l’effet d’une bombe dans le milieu musical réunionnais, le maloya se trouvant propulsé dans une électronique d’avant-garde : on y croisait alors Danyel Waro servi dans un DUB entêtant, la famille GADO croisant le fer avec JOHN GIORNO ainsi que de furieux maloyas aux allures bruitistes

A nouveau enclin pour un séisme musical, JAKO MARON revient en cette fin de l’année avec une PUBLICATION CONCEPT autour du personnage mythique SITARANE.
En s’inspirant du déjà fameux morceau MICHEL ADMETTE, JAKO MARON remet au goût du jour l’histoire de cet assassin de la fin du 19ème siècle avec une composition qui le place d’emblée sur un registre « dance floor ». Beat appuyé et caisse claire marquée, basse hirsute et débridée, JAKO MARON n’hésite pas à donner de sa propre voix pour interpréter le texte du roi du Séga. En prenant le ton de la dérision, il renchérit en humour sans perdre la puissance évocatrice de la chanson originale, bien au contraire. Le titre se déroule dans une narration espiègle où se dévoile le surnaturel.
Pour fêter cette (ré) exploration, JAKO MARON a invité une fourchette d’artistes-dalons parmi lesquels les producteurs et compositeurs PSYCHORIGID, AUTOMAT, COSTA et ARASH KHALATBARI, les plasticiens KID KREOL & BOOGIE à investir à leur manière le mythe de SITARANE.

Trois publications seront proposées à la Réunion dès le mois de décembre 2012 :

LE CD EXTRA AVEC PLAGE VIDEO

Le CD EXTRA SITARAN LARIVE présentera le titre SITARAN LARIVE original de JAKO MARON, sa version dite « EXTENDED », quatre remix signés PSYCHORIGID, COSTA, AUTOMAT, ARASH KHALATBARI.

Le CD contiendra également dans une plage Vidéo accessible à partir de n’importe quel PC, le VIDEO CLIP dont la réalisation a été confiée aux plasticiens KID KREOL & BOOGIE.

La publication est présentée dans un packaging de type « DIGISLEEVE », de façonnage entièrement cartonné mettant en valeur les visuels. On pourra découvrir caché dans une des fentes du packaging un PORTFOLIO de créations graphiques signé également KID KREOL & BOOGIE.

LE VINYLE 33t.

Dans un « cover mosaïque », le VINYLE, entièrement blanc à l’image du personnage développé dans le clip rassemblera les compositions de JAKO MARON ainsi que les remix de PSYCHORIGID, COSTA et AUTOMAT.

LE SITE WEB www.sitarane.info

Outre les différents médias présentés plus haut, le site donnera accès à d’autres versions du SITARANE LARIVE de JAKO MARON, des textes et des vidéos autour du personnage.

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