Reportages

Le 30 avril 2010

Séga Maloya à la Cité

Paris, 24 avril 2010.
Au programme, une grande célébration de la musique réunionnaise, c´est parti pour plus de 5 heures de rythmes enivrants ! Ca démarre très fort avec les Tambours Sacrés de la Réunion qui se produisent sur le parvis de la Villette. Héritage des temples tamouls indiens, cette tradition musicale a disparu de sa terre d´origine mais a heureusement été sauvegardée à la Réunion. Le volume sonore est stupéfiant, on doit les entendre à 2 kilomètres à la ronde !
La sécurité du Parc de la Villette flippe en voyant les braises destinées à chauffer la peau des tambours, mais après quelques explications, la démonstration reprend de plus belle. Suivie par les badauds, la troupe entame ensuite une procession chorégraphique vers le hall de la Cité... final en transe avec une amplitude sonore décuplée par l´acoustique cathédralesque !

Pour se remettre de nos émotions avant la grande messe maloya qui débute à 20 h, rien ne vaut un bon sauté mines déniché dans le quartier... il fait toujours aussi beau, quelques degrés de plus et on se croirait presque sur l´île...

Le ventre bien rempli, il est grand temps de recevoir à "mangé pour le coeur" ! . Direction la salle des concerts pour plus de deux heures de maloya. Un théâtre superbe avec installations tip top, ça promet d´être chaud. La salle est quasi pleine, le public attend sagement assis sur les fauteuils. M´est d´avis qu´on va pas rester assis longtemps, pas possible d´écouter du maloya dans ces conditions, et tant pis pour les quelques grincheux qui nous feront signe de nous asseoir !
Urbain Philéas ouvre le bal, accompagné de 7 musiciens de la famille Lélé. "Komen il éééééé ??!!!". C´est encore un peu tiède dans la salle, mais bientôt le devant de la scène est envahi de danseurs, portés par l´énergie intense qui arrive du groupe. Certains morceaux sont enrichis par la participation des Tambours Sacrés, le répertoire oscille entre compositions inédites et standards du regretté Granmoun Lélé. Le set s´achève justement sur "Soleye", un marmay (5 ans à peine...) s´installe derrière un tambour, belle image d´une tradition qui va de générations en générations, final en apothéose...


C´est l´heure de l´entr´acte avant de retrouver le maloya de Gramoun Sello qui a la lourde tâche de remplacer Firmin Viry, empêché à la dernière minute. Mission largement accomplie ! Un concert sans relâche par un vétéran du maloya traditionnel, Gramoun Sello est indiscutablement un grand parmi les grands. Le public est massé devant lui et danse, partout les yeux brillent de joie. Tout de blanc vêtu, Gramoun Sello harangue le public, soutenu par des musiciens qui connaissent toutes les ficelles du maloya (mention spéciale à Laurent Dalleau : le voir chatouiller ses congas est un spectacle à lui tout seul !)


Ca vous a plu hein ? Vous en voulez encore ? On est pas fatigués et c´est pas fini... A peine sortis de la salle, retour dans le hall de la Cité : "Tonton" René Lacaille et son orchestre familial l´a paré décor pour tit bal Sam´di ! Dans ce grand hall de béton au bal la poussière zot´ l´est invités ! L´orchestre y envoie séga, maloya, rythmes sud-américains, tout le monde y danse séga, Zoreil aussi dans le tas ! René quitte un moment la scène pour laisser ses musiciens entamer un "Rest´la maloya" de toute beauté. J´ai encore assez de réflexes pour sortir mon minuscule appareil photo et immortaliser ce moment, excusez le son précaire et les images qui vibrent, c´est l´émotion ! Derrière moi, une belle inconnue accompagne toute la chanson de sa voix, l´émotion est palpable... On voudrait que ça dure toute la nuit, malheureusement les organisateurs nous ramènent à la réalité... tout a une fin, c´est l´heure de rentrer, snif... On murmure que Firmin Viry pourrait revenir faire un concert ici... Ah oui, ça serait bien...

Le lendemain, Mayotte est à l´honneur et la famille Lélé est programmée dans le Maine-Et-Loire... Appel aux programmateurs de métropole : le maloya on aime ça !
Tahitiansunset