Interviews

Le 05 juillet 2012

Grèn Sémé

interview en partenariat avec Bat’Carré
TOUJOURS EN RECHERCHE DE NOUVELLES SONORITÉS, GRÈN SÉMÉ FAIT VARIER SA MUSIQUE SUR LE THÈME DE LA RENCONTRE DES CULTURES ET DES GÉNÉRATIONS. LE MALOYA DEVIENT ENTRE LEURS MAINS UNE COULEUR DE PLUS DANS LA PALETTE DES DIVERSITÉS CULTURELLES ET MUSICALES FRANÇAISES. CARLO DE SACCO, À L’ORIGINE DU GROUPE, NOUS LIVRE SES IMPRESSIONS AU RETOUR DU PRINTEMPS DE BOURGES OÙ IL REPRÉSENTAIT LA RÉUNION.

Q : L’écriture et la poésie te fascinent, tu es un homme de mots.
Peux-tu nous définir l’univers artistique de Grèn Sémé ?


Carlo : Grèn Sémé est à l’image de La Réunion, c’est à-dire mélangé. Tout d’abord au niveau des influences propres à chaque membre du groupe. On peut retrouver des touches de rock, de reggae, de seggae, de jazz, de musique électronique et aussi de chanson française.
Ce mélange vient servir un Maloya métissé où la tradition et la modernité se mêlent, toujours au service des mots.
J’ai la double culture, française et créole. Dans notre maloya les deux cultures se fondent et se servent réciproquement. Nous faisons, peut-être malgré nous, un pont entre ces deux cultures.

Q : Après avoir semé cette petite graine à Montpellier en 2006, quel vent t’a poussé à revenir sur la terre réunionnaise ?

Carlo : Né à La Réunion, je faisais tout simplement mes études à Montpellier. Même si j’y ai passé de très belles années, j’ai toujours été pressé de rentrer. La Réunion, c’est la terre qui me ressource. Je trouve mon équilibre dans la nature qui, ici, nous entoure. J’espère voyager le plus possible avec la musique, faire des rencontres artistiques et humaines. Mais continuer de vivre à La Réunion. Et puis, il y a mes parents, ils ne sont plus très jeunes, je voulais être là.

Q : Dis-nous quelques mots sur ta rencontre et collaboration avec le musicien, compositeur et arrangeur, Dominique Fillon ?

Carlo : Ma rencontre avec Dominique s’est faite lors des répétitions du spectacle « DOM-TOM folies ». Il m’a complimenté sur le morceau « Papiyon » et m’a dit qu’il voulait le mettre à la fin du spectacle, pour « clôturer en beauté ». J’ai été très touché par ses mots. Moi je ne le connaissais pas réellement.
J’ai tapé son nom sur internet et j’ai compris qui il était, aussi bien au niveau personnel que musical. En plus d’avoir accompagné les plus grands artistes français, il a réalisé les albums de Sanseverino et obtenu un disque d’or.
Nous avons tellement accroché que nous nous sommes dit que nous allions travailler ensemble dans le futur. Nous sommes donc restés en contact par Skype où nous échangions nos idées. Un projet artistique a pris forme au cours de ces échanges et Dominique Fillon est arrivé à La Réunion en mars 2012 accompagné de ses musiciens Kévin Reveyrand, Francis Arnaud et Olivier Roman-Garcia.
Nous avons fait une résidence de création tous ensemble (Grèn Sémé + Dominique Fillon quartet) au théâtre Canter de Saint-Denis. Cela a débouché sur trois concerts, dont un au théâtre de Saint-Gilles lors du festival Total Jazz.
C’était une très belle collaboration tant au niveau humain que professionnel. Dominique a jazzifié notre maloya et nous avons mis du maloya dans son Jazz.

Q : Le premier album est prévu pour courant 2012 et devrait être enregistré dans le studio de Yann Costa. Sans dévoiler de grand secret, à quoi peut-on s’attendre sur cet opus ?

Carlo : Nous pouvons nous attendre à un Pavé dans la Mare ! C’est notre premier album ! Avec tous les questionnements que cela comporte.
Je travaille depuis toujours avec David Kolm. Lorsqu’on réfléchissait ensemble vers qui se tourner pour enregistrer l’album, Yann Costa était une évidence. J’aime Yann en tant qu’homme et en tant qu’artiste. J’aime sa sensibilité et son regard sur notre musique. Notre maloya est psychédélique et Yann aime ce genre d’ambiances et il a les capacités de les sublimer. Cela va être une belle co-réalisation entre son univers et celui de Grèn Sémé.

Interview à retrouver sur www.batcarre.com

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