Reportages

Le 09 novembre 2011

Meddy Gerville, la consécration

Trophée « Kayenn Jazz Festival »
De retour de tournée où il s’est produit à Paris, Cayenne, Los Angeles, San Francisco et New York nous sommes fiers de vous annoncer que Meddy Gerville est lauréat du trophée « Kayenn Jazz Festival ». Trophée accordé aux trois meilleurs artistes de l’édition 2011. Il est à noté que les autres lauréats de cette année sont « Ben L’oncle Soul » ainsi que le groupe mythique de jazz fusion des années 80 : « Spyro Gyra »

L’autre bonne nouvelle pour Meddy est que l’album « Fo kronm la vi » qu’il a officiellement présenté à New York le 13 octobre dernier, figure déjà parmi les disques les plus joués en radio aux Etats-Unis dans la catégorie « World Music » (Source Mediaguide 07 novembre 2011).

En effet au 07 novembre 2011, le disque est classé à la 34ème position du top 50  en terme de nombre de rotations hebdomadaires sur un total de 2500 radios américaines sélectionnées !

L’artiste fêtera également ses 15 ans de carrière en 2012 !

Et pour finir, l’annonce de la sortie du clip « Mon abri » featuring Tom Frager :
A voir ici

En savoir + sur Meddy Gerville

+Lire la suite

Reportages

Le 08 août 2011

Escales de Saint-Nazaire

samedi 6 août 2011
La Météo Bondyé lao faisait craindre le pire scénario pour les 20 ans du festival : pluie battante sur la route de Saint-Nazaire. Arrivée au port sous la grisaille... et déception pour les fans d´Archie Shepp et Chucho Valdès, leur concert est annulé : le taux d´humidité a empêché l´accord des instruments...
Avant d´entamer le marathon du son 974, passage obligatoire au stand du PRMA : belle exposition maloya, conférence musicale, boutique Takamba... Alain Courbis, Fanie Précourt et Nadège Nadès étaient présents, bien décidés à partager leur passion des musiques réunionnaises et toujours à l´écoute des questions des festivaliers.

1er acte: Le Roi Soleil



19 h 15, scéne du Port  : Danyèl Waro et ses musiciens font une dernière balance sous un ciel toujours menaçant. Mais au début du concert, miracle ! Comme Tintin dans l´album d´Hergé, Danyèl Waro vêtu de blanc et armé de son kayamb commande le soleil qui fera enfin une belle apparition durable tout le long du set ! Un set impeccable bien sûr. Au risque de répéter, c´est bien le plus grand chanteur vivant de maloya qui s´exprime devant une mer humaine, électrisée par les rythmes frénétiques ou envoûtée par les complaintes du réunionnais des Hauts. Danyèl Waro chante le maloya, son maloya, avec cette voix qui pourrait tout aussi bien chanter du blues... 21 heures déjà, dernier morceau, dernières mesures, plic-ploc, la pluie revient... Vite aux abris, direction bal la poussière !

2ème acte : Balatonton



21 h 30, scène du Kabar : dans un décor "Années 30", voyage dans le temps lontan avec Fanfaroné, le dernier groupe de René Lacaille, soit René Lacaille et ses trois enfants plus un trio de cuivres (featuring Alain Debiossat du groupe Sixun !). Hommage aux orches´ en cuiv´ de l´époque, la joyeuse troupe nous fait guincher aux rythmes réunionnais mais aussi antillais et latino-américains, puisque il faut de tout pour réussir une soirée dansante ! Musiques de Maxime Laope, Claude Vinh San, Danyèl Waro (Barmine !) Alain Peters (Caloubadia !) ou Michou s´enchaînent sans temps mort. La joie des musiciens atteint le public qui danse et redanse encore. C´est que le tonton sait y faire pour mettre l´ambiance, sans chichis, pour le seul plaisir de passer un bon moment ensemble. Ca paraît simple mais c´est plus difficile qu´il n´y paraît à une époque où tout est rapidement calibré...
22 h 45, les lampions s´éteignent déjà...

3ème acte : Ten years after



Le temps de rejoindre la scène Estuaire, passage furtif devant le live de Stromae qui justement nous demande si alors on danse... Désolé Stromae, on voudrait bien mais on a rendez-vous avec Christine Salem ! Un lien particulier unit la dame des Camélias au Festival des Escales : quasiment jour pour jour, il y a dix ans, Christine y donnait un concert qui a été immortalisé sur son premier CD "Waliwa". Beaucoup d´eau a passé sous les ponts de Saint-Nazaire et c´est une Christine Salem en pleine maîtrise de son art qui débarque sur scène. Ah, cette voix... chaude, profonde, gorgée de soul. Le public réagit au quart de tour, sous le charme de cette grande dame du maloya qui nous fait voyager sur les traces du maloya de la Réunion, via des escales aux Comores, à Madagascar, à Zanzibar et au Mozambique. Lors du rappel, coupure de son qui donne lieu à un instant magique : c´est la foule qui chante et termine le concert ! Les yeux sont brillants, la joie se lit sur tous les visages, grand concert ! 

C´est déjà fini... on déambule dans les allées grouillantes du festival (40 000 spectateurs en deux jours)... bref arrêt devant une autre scène où un groupe joue un tango électronique devant un public quasi impassible, et cette vague impression d´avoir été dans le vrai avec notre parcours 974... "Musique vivante pour gens vivants" pour reprendre l´expression favorite de René Lacaille...

Merci aux artistes et un grand bravo à l´équipe des Escales de Saint Nazaire : si vous cherchez le sens du mot "convivialité", vous le trouverez à coup sûr dans ce grand festival qui a su garder une dimension humaine, à mille lieues des grosses machines à fric. 

PS : l´absent aux Escales a tort, séance de rattrapage début 2012 : Christine Salem et Danyèl Waro sont déjà programmés dans la région nantaise !

Frankie Donald

+Lire la suite

Reportages

Le 14 avril 2011

Danyèl Waro au Louvre...

Un spectacle, un véritable spectacle..
Pour les oreilles, les yeux et le cœur. 

Projeté sur un écran géant, des archives datant du début du siècle dernier, des films noirs et blanc mettant en scène un peuple avec ces rites et ces coutumes, une civilisation pour la toute première fois immortalisée sur des pellicules, pour qu´ensuite, à des milliers de kilomètre de là, des spectateurs à la peau blanche puissent découvrir le quotidien de ceux dont la peau était noire.. 

Exactement comme ils avaient du être présenté en l´époque, avec une différence de taille…Les commentaires de ceux qui les présentaient pour la première fois se sont tus pour laisser place à une musique jouée par des artistes dont l´humilité n´a d´égal que du talent qui les anime.. 

Des documentaires qui ont pris un tout autre visage hier, à l´image d´un homme voulant rétablir une vérité jamais aussi bien illustrée au son des instruments qui auront résonné dans le cœur de chacun, des percussions se calquant magnifiquement aux images, ponctuées par des poèmes contés par la voix douce et sereine de ce jeune africain, faisant revivre la tradition orale du voyage par les mots, nous berçant tout en éveillant en nous cette forme d´ attention qui ne nous est pas commune, racontant l´injustice et le désespoir d´un peuple auquel justice ne sera jamais rendu... 

Seul les poètes resterons les uniques détenteurs d´un art par le biais duquel l´on s´aperçoit du chemin à parcourir pour qu´une paix soit possible, et lui seul sait qu´elle doit avant tout conquérir les cœurs avant qu´elle ne touche terre … 

Danyèl Waro est ce poète, je l´ai de mes yeux vu, il respire cette paix et vous la rend avec ce timbre magnifique, les rythmes qu´il exécute vous donne la cadence exacte de son pouls ; il est celui de cette Afrique trop longtemps pillée mais qui n´abdiquera jamais face à la cupidité de l´homme blanc ; son corps est enraciné à un sol ou seuls poussent des êtres résistants à des rigueurs impensables, à des conditions qui interdisent l´abandon de la cause à défendre.… 

> Danyèl Waro - Auditorium du Louvre - le 8 / 04 / 2011 <

Michel Guinand (disquaire indépendant au "Mange Disque" à Clermont de l´Oise 60600)

En savoir + sur Danyèl Waro

+Lire la suite

Reportages

Le 14 septembre 2010

Accroche-kèr

Les Accroche-Coeurs d´Angers, c´est le rendez-vous incontournable de la rentrée ! Depuis 11 ans, ce festival gratuit de 3 jours investit toute la ville le temps d´un week-end : spectacles de rue, parades, fanfares, théâtre et musique à gogo. Après l´édition sulfureuse de 2009 "Angers démons" (ah ah ah !), cap au Sud cette année ! La salle du Chabada a investi le quai Monge pour installer son podium "Scènes d´Afrique". Sous le soleil exactement, vue imprenable sur la cathédrale et le Château des Ducs d´Anjou, au bord de la Maine, amen ! Les programmateurs ont eu la bonne idée de convier Nathalie Natiembé pour deux concerts. Rock´n´roll !

Première figure : samedi 11 septembre 2010, 14 h 30

Nathalie Natiembé a l´honneur d´inaugurer cette série de concerts et de défendre son dernier album "Karma". La version originale avait été faite avec Bumcello, mais le duo Ségal - Atef étant surbooké, c´est à Yann "Zong" Costa et à la section rythmique du groupe lyonnais Meï Teï Shô d´assurer avec la rockeuse réunionnaise ! V 2.0 : fatalement, "Karma" se caméléonise, prend d´autres couleurs sur scène. Les claviers vintage de l´impeccable Costa apportent une fureur toute zongienne au maloya rock de Nathalie, un son plus dub aussi, et une ambiance moins oppressante que sur l´album... Dans le public, quelques connaisseurs, mais en majorité ce sont les badauds du festival qui marquent l´arrêt, comme hypnotisés par ce qui se passe sur scène. C´est que Nathalie sait y faire pour conquérir le public ! Sincérité, générosité débordante, elle ne chante pas seulement, elle vit ses chansons et nous aussi ! Sous le soleil au zénith, un show d´une heure, sans concessions. On en redemande, mais il est temps de laisser place aux autres groupes programmés...

Deuxième figure : dimanche 12 septembre 2010, 12 h 30

Même lieu, même équipe, mais l´heure avancée de ce set fait qu´il n´y a pas grande monde devant la scène, d´autant plus qu´un pique-nique géant a investi toute la ville... Aux platines, DJ Nadia assure les entr´actes et balance Alain Péters dans la sono... excellent choix ! Nathalie et ses musiciens reviennent, et pas démotivés pour un sou, remettent le couvert. Une session plus enragée que la veille, on sent que le groupe a gagné en cohésion... Le soleil cogne sur la scène, Costa tombe le tee-shirt et envoie voler son tabouret pour triturer ses claviers debout, Nathalie cause avec le public de plus en plus nombreux, le fait chanter... Vient "Epitaf" : "Africa, pays branl´ bas d´combat... !" Moment de grâce quand le podium est survolé par l´ULM de Christian Moullec, le pilote du "Peuple migrateur"... autour de son engin volant, une escouade de grues d´Afrique ! Magique... "Une dernière chanson, demain on part à la Réunion..." "Moi aussi j´ai une réunion demain" dit mon voisin. Hé dalon, ou koné pa la Rényon ?



Deux concerts en deux jours, un trop plein d´émotions, de musique vivante, métissée, furieusement actuelle... Comment la presse rockeuse et folkeuse a pu passé à côté d´un album pareil ? Un grand merci à Nathalie Natiembé et ses musiciens, revenez quand vous voulez !

Tahitiansunset

Tracklist : Mové lèspri- Galo - Margoz - Epitaf - Karma - Tangaz pa tro for - Ex voto (dimanche seulement) - Kafnat - HKDododansing - Larozwar

Nathalie Natiembé : voix, porte-voix, percussions - Yann Costa : claviers, mélodica - Boris Kulenovic, basse - Germain Samba, batterie

En savoir + sur Nathalie Natiembé

+Lire la suite

Reportages

Le 10 août 2010

Davy met le feu aux poudres

19h : Carton plein à la Poudrière pour Davy Sicard. Il n’est pas encore entré sur scène que déjà les groupies féminines hurlent son nom. Apparition de l’homme sobrement vêtu e clair qui salue son public. Une ouverture qui séduit dès les premières notes puis Davy et son kayamb enchaînent les titres et l’homme prévient : « on n’a qu’une petite heure alors je compte sur vous pour envoyer ! ». Hommage aux ainés avec « Dodo Sya » puis Davy entame son « Maloya Kabosé » pour le bonheur de la foule. Un final endiablé avec « Ker Maron » : il n’en fallait pas plus pour combler le public venu en masse rendre hommage à un Davy Sicard dont la reconnaissance a largement dépassé les frontières de l’île.

Véro - Pils.re

+Lire la suite

Reportages

Le 10 juin 2010

Christine Salem embassadrice du Maloya

au Palais Royal le 21 juin...
A l'occasion de la fête de la musique dont le thème cette année est "musique au féminin", le Ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand a invité Christine Salem pour un concert unique et exceptionnel le lundi 21 juin 2010 dans les jardins du Palais Royal à Paris.

Christine Salem et son groupe partageront la scène avec Cantu In Paghjella, Madjo, Amparo Sanchez et Buika.

Cette invitation fait suite au classement du maloya au patrimoine immatériel de l'Unesco. Christine Salem offrira en avant première quelques morceaux de son nouvel album dont la sortie officielle est prévue en Métropole en novembre 2010 et à la Réunion en février 2011 sous le label Cobalt.

Avis aux parisiens ou aux gens de passage, RDV au Palais Royal à 19h00 le 21 juin!

© Agence Vekha - Valérie Koch

+Lire la suite

Reportages

Le 13 mai 2010

Tempo Festival… Deuxième

Ce soir l’équipe Akout n’est pas en reste avec 2 groupes à la carte : Duo de Natiembé et Mounawar.

Nous commençons avec l’étonnante Natiembé. Et oui étonnante car cette fois cette grande dame nous a servi un maloya qu’on pourrait qualifier de « transcendantal ». Accompagnée par Fréderic Piot aux percus et Costa (qu’on ne présente plus) aux effets sonores, un rien psychédéliques. Un univers « à prendre ou à laisser », sans compromis et fort de l’identité Natiembé comme l’illustre si bien le titre « Ti kaf’ Natiembé ». Le public, un peu décontenancé, n’aura cependant pas fait le déplacement pour rien.
Natiembé nous offre un vrai partage d’elle-même, intime et douloureux.
C’est un duo ou devrais-je dire un trio haut en couleur, une puissance rythmique et un vocal envoûtant et hypnotique, enrobés de sons électro et autres reverbs.



> Voir la vidéo de Nathalie Natiembé ici...

Nous faisons une courte pause, histoire de reprendre nos esprits, un verre à la main, bercés par la playlist de choix proposée par Ker Faya Sound System et nous voilà repartis pour le 2ème round de la soirée : Mounawar.

La foule se presse et se masse déjà électrisée aux pieds de la scène. Le show démarre et visiblement Mounawar n’a pas son pareil pour « ambiancer » son public.
On se balance, on danse, on saute et on finit par crier aux sons de ces trois acolytes.
Mounawar (lead singer/composer, guitare) accompagné de Jérémie LAPRA (chœurs, basse, contrebasse) et Didier DIJOUX (chœurs, percussion, batterie) ont donné sans compter et en toute  simplicité. Chaque titre est une invitation à un nouveau voyage.
Il y a quelque chose de hip hop, de rock, d’africain dans leur musique, quelque chose de J.Hendrix ou encore de Keziah Jones dans l’attitude. De vraies rock stars !



> Voir la vidéo de MOUNAWAR ici...

Merci a zot ! Quelle soirée, riche en émotions.

S.C.

+Lire la suite

Reportages

Le 12 mai 2010

Tempo 2010... Première !

La nuit est tombée et la foule envahie le parc du 20 décembre de Saint Leu. Le Tempo est donné de suite par la « dream team » du Ker Faya Sound System. Le son est roots, puissant et les galettes vinyles s’enchainent avec précisions.

Arrive l’heure d’ouverture pour la première soirée de concerts de cette édition 2010 du Festival, c’est la récente formation Shazam qui se lance. Dès les premières notes, on sent le public un peu désorienté face à cette musique qui vous plonge dans un univers baroque. Il émane quand même une touche certaine de Lo Griyo, un savoir faire que l’on reconnait déjà comme une référence. Et ti pa ti pa, nous voilà embarqué dans cette fusion de vieux standards, nous offrant le voyage dans un lointain Maghreb ou bien encore dans les contrées Afghanes. Un très beau répertoire habillement arrangé et fortement pimenté par de superbe solo de chacun des protagonistes. Une très bonne entrée en matière pour Leu Tempo et une envie immédiate d’en avoir encore plus…



> Voir la vidéo de SHAZAM ici

Le temps de se frayer un chemin jusqu’au bar pour se rafraichir, en écoutant
de bon vieux riddims old school, savamment balancés par Vince et ses acolytes…
…et c’est au tour du groupe Jaboticaba d’entré en scène. Pour ceux qui les connaissent déjà depuis un moment, on voit de suite que quelque chose s’est passé. Le nouveau Jaboticaba est arrivé ? Toujours est-il que le son en façade est massif, la voix de Virginie profonde et maitrisée, qu’elle nous offre même un jeu de scène très sensuel, l’ensemble a vraiment de la gueule. Les chansons s’enchainent et plus on avance dans le spectacle, plus il est difficile de ne pas succomber aux charmes de leurs musiques. On passe d’un registre de chansons folk rock, à un paysage jazz « New Orleans » sans broncher, en se laissant prendre au jeu de cette joyeuse harmonie.
On comprend que le groupe a atteint un nouveau stade dans son développement. Une chose est sûr il communique un vrai plaisir quand il foule les planches et il n’y a pas moyen, c’est réciproque. Une grande dose de bonheur partagée…



> Voir la vidéo de JABOTICABA ici

Vivement ce soir, pour vivre la deuxième partie des événements musicaux du Festival Saint Leusien, avec au menu un Duo de Natiembé, suivi d’un Mounawar comme toujours servi bien chaud !
A demain pour lire la suite de ce Festival pas tout à fait pareil…

G.P.

SHAZAM : Kaina ZAIMEN, Nicolas MAILLET (clarinette, flûte), Luc JOLY (Saxophones), Sami PAGEAUX WARO (Batterie, Percussions) & Brice NAUROY (Ingé Son).

JABOTICABA : Virginie MARIE-LOUISE (voix, chœurs), Julien BARNOIN (guitare), Nicolas MAILLET (clarinette, flûte), FEVER (batterie) & Yann COSTA (Ingé Son).

+Lire la suite

Reportages

Le 30 avril 2010

Séga Maloya à la Cité

Paris, 24 avril 2010.
Au programme, une grande célébration de la musique réunionnaise, c´est parti pour plus de 5 heures de rythmes enivrants ! Ca démarre très fort avec les Tambours Sacrés de la Réunion qui se produisent sur le parvis de la Villette. Héritage des temples tamouls indiens, cette tradition musicale a disparu de sa terre d´origine mais a heureusement été sauvegardée à la Réunion. Le volume sonore est stupéfiant, on doit les entendre à 2 kilomètres à la ronde !
La sécurité du Parc de la Villette flippe en voyant les braises destinées à chauffer la peau des tambours, mais après quelques explications, la démonstration reprend de plus belle. Suivie par les badauds, la troupe entame ensuite une procession chorégraphique vers le hall de la Cité... final en transe avec une amplitude sonore décuplée par l´acoustique cathédralesque !

Pour se remettre de nos émotions avant la grande messe maloya qui débute à 20 h, rien ne vaut un bon sauté mines déniché dans le quartier... il fait toujours aussi beau, quelques degrés de plus et on se croirait presque sur l´île...

Le ventre bien rempli, il est grand temps de recevoir à "mangé pour le coeur" ! . Direction la salle des concerts pour plus de deux heures de maloya. Un théâtre superbe avec installations tip top, ça promet d´être chaud. La salle est quasi pleine, le public attend sagement assis sur les fauteuils. M´est d´avis qu´on va pas rester assis longtemps, pas possible d´écouter du maloya dans ces conditions, et tant pis pour les quelques grincheux qui nous feront signe de nous asseoir !
Urbain Philéas ouvre le bal, accompagné de 7 musiciens de la famille Lélé. "Komen il éééééé ??!!!". C´est encore un peu tiède dans la salle, mais bientôt le devant de la scène est envahi de danseurs, portés par l´énergie intense qui arrive du groupe. Certains morceaux sont enrichis par la participation des Tambours Sacrés, le répertoire oscille entre compositions inédites et standards du regretté Granmoun Lélé. Le set s´achève justement sur "Soleye", un marmay (5 ans à peine...) s´installe derrière un tambour, belle image d´une tradition qui va de générations en générations, final en apothéose...


C´est l´heure de l´entr´acte avant de retrouver le maloya de Gramoun Sello qui a la lourde tâche de remplacer Firmin Viry, empêché à la dernière minute. Mission largement accomplie ! Un concert sans relâche par un vétéran du maloya traditionnel, Gramoun Sello est indiscutablement un grand parmi les grands. Le public est massé devant lui et danse, partout les yeux brillent de joie. Tout de blanc vêtu, Gramoun Sello harangue le public, soutenu par des musiciens qui connaissent toutes les ficelles du maloya (mention spéciale à Laurent Dalleau : le voir chatouiller ses congas est un spectacle à lui tout seul !)


Ca vous a plu hein ? Vous en voulez encore ? On est pas fatigués et c´est pas fini... A peine sortis de la salle, retour dans le hall de la Cité : "Tonton" René Lacaille et son orchestre familial l´a paré décor pour tit bal Sam´di ! Dans ce grand hall de béton au bal la poussière zot´ l´est invités ! L´orchestre y envoie séga, maloya, rythmes sud-américains, tout le monde y danse séga, Zoreil aussi dans le tas ! René quitte un moment la scène pour laisser ses musiciens entamer un "Rest´la maloya" de toute beauté. J´ai encore assez de réflexes pour sortir mon minuscule appareil photo et immortaliser ce moment, excusez le son précaire et les images qui vibrent, c´est l´émotion ! Derrière moi, une belle inconnue accompagne toute la chanson de sa voix, l´émotion est palpable... On voudrait que ça dure toute la nuit, malheureusement les organisateurs nous ramènent à la réalité... tout a une fin, c´est l´heure de rentrer, snif... On murmure que Firmin Viry pourrait revenir faire un concert ici... Ah oui, ça serait bien...

Le lendemain, Mayotte est à l´honneur et la famille Lélé est programmée dans le Maine-Et-Loire... Appel aux programmateurs de métropole : le maloya on aime ça !
Tahitiansunset

+Lire la suite

Reportages

Le 25 janvier 2010

Umqombothi Kabar

« Quand la Pantsula rencontre le Maloya »
Via Katlehong (Afrique du Sud) / Lindigo (Réunion)
Résidence de création – 1ère étape - Centre de Moringue de Sainte Suzanne

Dix sept artistes, se retrouvent chaque jour à Sainte Suzanne pour créer un spectacle inédit où la danse sud africaine « pantsula » rencontre le maloya.
Du 11 janvier au 29 janvier 2010, les lundis, mardis, jeudi de 9 à 12h et d e14h à 17h, les mercredis de 14h à 17h, les vendredi de 9h à 12h. Restitution publique vendredi 29 après midi.

Depuis ce lundi 10 janvier, le Centre de Moringue de la Marine accueille la première résidence artistique du spectacle UMQOMBOTHI KABAR. Ce spectacle dont la création est soutenue et programmée pour le mois de mai 2010 au Théâtre de l’Onde et au Parc de La Villette rassemblera dix sept artistes, neuf danseurs de la Compagnie internationale sud africaine VIA KATLEHONG et huit musiciens réunionnais du groupe LINDIGO. Ce projet musical et chorégraphique de coopération régionale artistique initié en octobre 2008 au sein de l’opération « I LOVE JOZI » à Saint Leu puis au mois de mai 2009 à l’occasion de l’opération « Saison réunionnaise en Afrique du Sud » à Johannesburg mettra en scène pour la première fois musique maloya et danse Pantsula. C’est aussi la rencontre de deux histoires fortes du peuple noir qui ont traversé tour à tour l’oppression et dont les expressions artistiques appelées sur ce projet en furent à un moment l’exutoire et une forme de libération.

Ce projet est coproduit par le Séchoir, le Kabardock, l’Institut français d’Afrique du Sud, le Parc de La Villette, le Théâtre de l’Onde, est soutenu par le Département, la Région, la Drac et le Fonds pour la coopération régionale. Production déléguée Damien Valette & JLLJ’s prod.

En savoir + sur Lindigo

+Lire la suite